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Sydney Rococo

Eugenie
Journaliste

Steve Kilbey

« Sydney Roco » frôle la perfection, mais on n'y est pas encore : beaucoup de morceaux plus que réussis, des instrus remarquables par leur beauté, mais également des ratés, à force de trop vouloir expérimenter.
11 titres
Rock Alternatif
Sorti le 23/11/2018
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Si Steve Kilbey est le leader de The Church, groupe rock fondé par lui à la fin des années 1970, il poursuit également une carrière solo : en témoignent 14 (!) opus sortis depuis 1985. Cet homme aux talents multiples-il est auteur-compositeur, mais aussi producteur, guitariste, poète et peintre- fait du rock alternatif qui possède sa personnalité propre. Tour d'horizon de son nouvel album, « Sydney Rococo », sorti le 23 novembre chez Golden Robot Records.

Commençons avec « Sydney Rococo », morceau qui donne son nom à l'album. Dès l'intro, on sent une composition multi-instrumentale à venir, dont la beauté est renforcée par une voix, reconnaissable, du chanteur. C'est un titre authentique et aux facettes multiples, vraiment intéressant par son instru. « A Night Is Coming » a des allures de blues, avec des notes de clavier qui pointent une mélodie qu'on voit très bien être jouée dans un blues bar, un vendredi soir. Le vocal de Steve Kilbey se transforme, soutenu par un back-vocal bien placé. Un titre d'une douceur incroyable : c'est ainsi que l'on pourrait caractériser « The Wrong One », un morceau dominé par le clavier et un vocal capable, une fois de plus, de s'adapter à l'instru, qui est magnifique dans sa simplicité, et dont la beauté est renforcée par des notes de violon.

« The Lonely City » change d'ambiance : c'est un morceau dominé par les guitares, avec, là encore, une tendance blues. L'instru est simple, mais agréable à écouter, tout comme le vocal de Steve Kilbey. Un rare exemple qui illustre une correspondance parfaite entre le nom d'un titre et sa composition. « When I Love Her She Sings » possède une intro qui donne envie d'entendre la suite, un rythme justement adapté. Un morceau bien incrusté des moments de back-vocal, qui lui donnent sa personnalité, aux allures des années 1980, tout en s'alliant au vocal du chanteur principal. Du rock mélodique, c'est ainsi que l'on pourrait qualifier « Nineveh » : débutant par le duo guitare/batterie, le morceau intrigue par un rythme ralenti tout en respectant toutes les codes du rock. Steve Kilbey surprend, une fois de plus, en créant un morceau expérimental et complexe, qui se transforme tout au long de l'écoute.

« Distant Voices » se veut mystérieux, doté d'une intro douce, quasi-jazz. Le clavier, accompagné par un back vocal bien placé, domine le titre. C'est posé, enchanteur, l'instru est jolie, et le vocal du chanteur, insolite, se laisse découvrir particulièrement bien. « Achilles Heals » produit une impression étrange, voulant nous envoûter de mystère, mais cela lui réussit moins bien qu'au morceau précédent : c'est beaucoup trop monotone, on s'attend à être surpris, mais cela n'arrive pas. « Lagoon » expérimente moins, et c'est pour le mieux : possédant une instru plutôt classique mais très jolie, accompagnée par un back vocal agréable à écouter, la voix de Steve Kilbey est, là aussi, mise en valeur. Un des plus beaux morceaux de l'opus. « Traitor Signals » est également basé sur une instru simple, marquée par des notes de clavier. Malgré sa simplicité, cette première est remarquable.

« Sydney Roco » frôle la perfection, mais on n'y est pas encore : beaucoup de morceaux plus que réussis, des instrus remarquables par leur beauté, mais également des ratés, à force de trop vouloir expérimenter.