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Suffer In Hell

Enora
Journaliste

Chelsea Grin

"Suffer In Hell" est un album très court, car il doit être complété en mars 2023 par "Suffer In Heaven", mais on y retrouve tous les éléments caractéristiques de la musique de Chelsea Grin depuis le début de l'ère Tom Barber !
8 titres
Deathcore
Durée : 27
Sorti le 11/11/2022
1525 vues

Depuis 2007, Chelsea Grin monte en puissance sur la scène Deathcore américaine. Après quatre albums, "Desolation of Eden" (2010) , "My Damnation" (2011), "Ashes to Ashes" (2014) et "Self Inflicted" (2016), le frontman Alex Koehler quitte le groupe et est remplacé en 2018 par Tom Barber, jusque là chanteur de Lorna Shore et qui apporte clairement sa patte aux compositions du groupe. La nouvelle formation qui rassemble David Flinn à la basse, Stephen Rutishauser à la guitare et Pablo Viveros à la batterie (en pause depuis 2021) dévoile "Eternal Nightmare" (2018) et, cette année, "Suffer In Hell" (qui sera complété l'année prochaine par "Suffer In Heaven").

'Origin of Sin' est un morceau saisissant et qui joue de ses orchestrations pour créer une atmosphère angoissante et cinématographique. Au milieu d'un Deathcore puissant marqué par une batterie très présente, Chelsea Grin nous propose un pont fantomatique qui apporte avec justesse une touche surnaturelle à l'ensemble. Si les premières secondes de 'Forever Bloom' peuvent donner l'impression à l'auditeur de tomber dans le terrier du lapin blanc d'Alice au Pays des Merveilles, ce côté onirique disparaît rapidement alors que le titre prend une tournure bien plus agressive. Tom Barber n'a rien perdu de sa force vocale mais on y cherche la voix de Trevor Strnad, chanteur de The Black Dahlia Murder décédé en mai 2022, annoncé en featuring mais qui ne se démarque pas particulièrement. Arrive ensuite 'Deathbed Companion', un morceau plus fait pour le live que pour l'écoute sur album.

La lourdeur de 'Crystal Casket' est à peine adoucie par les envolées de la guitare de Stephen Rutishauser. La noirceur indéniable du morceau, renforcée par la basse de David Flinn, est d'autant plus marquante après la chanson précédente, bien moins mémorable et engagée. On repasse à quelque chose de plus lent et chaloupée avec 'Flood Lungs' qui donne aussi dans l'atmosphérique avec un passage porté par du chant clair. Jusque là, Chelsea Grin fait du Chelsea Grin; les amateurs de nouveautés vont peut être s'ennuyer mais les autres y trouveront de très bonnes choses (et d'autres plus passables comme 'The Isnis') ! Plus hachée et invitant au headbang, 'Mourning Hymn' et ses touches de clavier a presque des influences Black dans ses ambiances, une réussite ! Les deux minutes de 'Suffer In Hell, Suffer In Heaven' servent plus de lien entre cet album et le prochain, attendu pour le 17 mars 2023 que de réel morceau...

"Suffer In Hell" est un album intéressant mais définitivement incomplet ; on ne doute pas qu'il prendra davantage d'ampleur lorsqu'il sera mis en relation avec "Suffer In Heaven" (17/03/2023, via oneRPM). D'ici là, il permet de patienter en restant dans l'univers bien connu de Chelsea Grin qui nous propose également quelques petits éléments appréciables, notamment les orchestrations qui diversifient les ambiances de l'album. Les fans du groupe y retrouveront tout ce qu'ils aiment mais on craint que les autres n'aient rien de notable à en dire.