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Suburban Rot

Blood Potatoe
Journaliste

Thorium

Célébrant les trente ans de Thorium, ''Suburban Rot'' s’avère un excellent condensé de lourdeur et de groove.
10 titres
Death Metal
Durée : 41
Sorti le 05/06/2026
14 vues
EMANZIPATION PRODUCTIONS

Le Danemark n’en finit pas de nous surprendre. Après l’ouragan Crocell, voici le cyclone Thorium, hébergé lui aussi chez Emanzipation Productions, label dédié aux musiques extrêmes. Formé à Copenhague en 1996, le combo fête cette année ses trente ans avec comme cadeau un septième album de death metal sans concession.
Soucieux d’offrir un produit de qualité, les Danois ont pris leur temps pour écrire et composer une collection de titres à l’indéniable efficacité.
'Abra Macabre' ouvre les hostilités avec ses riffs lourds et saturés, aux doux relents de death old-school. La voix profonde et gutturale de Michael Hvolgaard Andersen donne une gravité supplémentaire à cet opener, instillant un sentiment de claustrophobie qui perdurera tout au long de l’écoute.
Délaissant la vitesse au profit d’une lourdeur écrasante, l’opus instaure des ambiances inquiétantes et une atmosphère étouffante que viennent aérer quelques parties rapides, salvatrices respirations avant une nouvelle plongée dans des eaux suffocantes ('Endless Disgust', 'Open Wounds'). 'The Undead', putride comme un zombie fulcien, vient s’enliser dans un bayou sludge proche d’un Crowbar.
Le sentiment de malaise atteint son apogée sur le ‘’slayerien’’ 'Bring The Children To Me', mêlant riffs tortueux et chant incantatoire.
Sur le bien nommé 'MG42' le quintette s’offre un déluge de blasts, dont la vélocité renvoie à la cadence de tir de cette redoutable machine à tuer.
La paire de guitaristes JP/Jose Cruz tronçonne du riff à l’envie, privilégiant l’accroche et la simplicité. Aussi pachydermiques soient-elles, les rythmiques savent faire preuve de groove, voire d’un certaine légèreté à l’instar du dyptique 'Shelter'/'The Collector', qui devrait faire son effet en live.
Elles peuvent, en outre, s’appuyer sur une section rythmique solide, la basse fangeuse de Jesper Nielsen collant aux parties de batterie de Daniel Preisler ('Suburban Rot', 'Crucified').
La production, signée Tue Masden, sied merveilleusement à l’album, mettant en valeur le côté organique des compositions et donnant au son une épaisseur mastoc.
Ce cru 2026 arrive à point nommé pour célébrer trois décennies d’un acteur majeur de la scène death danoise, à qui l’on souhaite santé et longévité. Skoll !