A l’instar de bon nombre de leurs précédents méfaits, nul doute que ce varié et inspiré « Stereo Crush » finisse lui aussi en disque multi-certifié. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
Malgré un contexte mondial inédit (pandémie de Covid-19), 2020 fut pourtant une année coup double pour Gotthard. En mars, le combo fondé à Lugano livrait leur treizième opus studio (« #13 ») puis, en octobre, un skeud de réinterprétations acoustiques en hommage à leur premier vocaliste décédé tragiquement fin 2010 (« Steve Lee - The Eyes Of A Tiger : In Memory Of Our Unforgotten Friend ».
Présentement, flanqué d’un nouveau batteur en la personne de Flavio Mezzodi (Krokus), la formation suisse revient aux affaires avec un quatorzième effort intitulé « Stereo Crush ». Les compositions se concentrent majoritairement sur un Hard rock mélodique. Certes coutumier, l’ensemble demeure toujours aussi bien ficelé et exécuté (l’ouvreur musclé 'AI & I', 'Rusty Rose'). On (re)trouve les refrains entraînants voire entêtants ('Thunder & Lightning', 'Boom Boom' écrit par Leo pour la naissance de son fils Gabriel) ainsi que les soli de guitares chiadés ('Devil In The Moonlight') chers au combo helvète.
Fan notoire de The Beatles et connu pour aimer s’approprier des classiques Rock, le sieur Leoni nous a concocté une reprise « metalisée » et plutôt sympathique des « Fab Four » ('Drive My Car' sorti en 1965 sur l’album « Rubber Soul »). Ré-associé après plus de 20 piges à leur ancien coproducteur Chris von Rohr, le quintette double son lien avec les « Quatre garçons dans le vent » sur un titre explicite en hommage à ville d’origine dudit quatuor britannique ('Liverpool').
Intercalées parmi ces nombreux morceaux rentre-dedans, les cinq gars ont glissés quelques chansons plus calmes (les ballades 'Life' et 'Burning Bridges' traversées de notes de piano délicates, la bluesy 'These Are The Days' où apparaissent un harmonica et une gratte acoustique).
Bien que restant fidèle à ses bases et à son style, Gotthard ne cède pas à la redite facile. A l’instar de bon nombre de leurs précédents méfaits, nul doute que ce varié et inspiré « Stereo Crush » finisse lui aussi en disque multi-certifié. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.