Avec « Steel Burner », Gus G. livre un condensé de metal moderne, mi-instrumental, mi-chanté, qui met en valeur ses talents de virtuose du manche et de compositeur.
C’est six dernières années (dont plusieurs mois d’arrêts liés aux confinements et interdictions Covid), après les sorties de l’album homonyme de son combo Firewind (2020) et de son quatrième effort en solo (« Quantum Leap » de 2021), Gus G. s’est exclusivement consacré aux performances live. Bien que le six-cordiste grec avoue avoir été très occupé avec ses nombreuses tournées après la pandémie, il avait tout de même le projet de livrer un nouvel opus en solitaire.
Voilà donc présentement ledit disque intitulé « Steel Burner ». Gus à souhaiter ici « réunir le meilleur des deux mondes », comprendre un mélange de (cinq) pistes instrumentales centrées sur la guitare et de (aussi cinq) titres interprétés en collaboration avec différents vocalistes qu’il apprécie. Chose intéressante, pour ce cinquième skeud, Gus a quitté le label AFM Records (qu’il avait rejoint après être parti de chez Century Media) pour s’engager avec la plus petite structure indépendante Metal Department (qui a aussi signée la récente trilogie de Amerikan Kaos, l’exutoire parallèle de la tête pensante/pourfendeur d’Annihilator Jeff Waters).
Totalement impliqué, le natif de Thessalonique s’est chargé de tous les instruments (grattes, basse, claviers, batterie), ne laissant que trois plages à se répartir aux bassistes Andrea Arcangeli et Dennis Ward (qui s’est également occupé du mix et mastering). Le musicien hellène met la guitare au centre de son sujet, au service des compositions, sans tomber dans le démonstratif. Du coté des compos instrumentales, le sieur Konstantinos « Kostas » Karamitroudis (de son vrai nom) varie les plaisirs entre ballade puissante ('Closure'), plans Satriani-iens ('What If'), ou power metal ('Advent'). Bien que les riffs et les solos soient au cœur du débat, la mélodie prend le pas sur la technicité ('Steel Burner', 'Confession').
En ce qui concerne les collaborations vocales, la diversité est aussi de mise. Au programme, un pur hymne metal fédérateur avec la « Metal Queen » Doro Pesch ('Nothing Can Break Me'), du hard rock moderne en compagnie du croate Dino « Jelusick » Jelusić ('No One Has To Know'), et du power metal percutant avec Matt Barlow ('Dancing With Death'). Enfin, le mercenaire Ronnie Romero (Lords Of Black, The Ferrymen, Sunstorm, Elegant Weapons) impose son chant puissant sur deux morceaux ('Frenemy', 'My Premonition') traversés de soli furieux défouraillés par celui qui a œuvré avec Ozzy Osbourne entre 2009 et 2017 (et qui n’a pourtant pas été convié à « Back to the Beginning » en juillet 2025).
Avec « Steel Burner », Gus G. livre un condensé de metal moderne, mi-instrumental, mi-chanté, qui met en valeur ses talents de virtuose du manche et de compositeur. Bien qu’axé sur la six-cordes, l'album propose de belles mélodies, des riffs puissants et des morceaux percutants. Avis aux amateurs.