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Star Power

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Bobbie Dazzle

''Star Power'' est un album qui sonne comme si Sweet, Bowie et Queen avaient décidé de refaire un album ensemble, mais avec l’énergie brute d’une scène contemporaine.
11 titres
Glam Rock
Durée : 43 minutes
Sorti le 02/10/2026
150 vues
Il faut un certain culot pour placer une flûte traversière au centre d'un disque de glam rock. Siân Greenaway ne s'en prive pas, et c'est sans doute le meilleur indice de ce qu'est devenu son personnage de Bobbie Dazzle : une créature à paillettes qui écoute Rush et Traffic autant que Sweet.

En août 2024, la chanteuse quittait Alunah après sept ans de doom britannique. Le projet glam monté en parallèle, né dans le deuil de sa sœur comme un exutoire délibérément joyeux, a fini par prendre toute la place : ''Fandabidozi'' sortait deux mois plus tard et lui ouvrait des scènes qu'elle n'avait pas vues venir, d'Alice Cooper à Sweet en passant par Lita Ford et Hyde Park.

Puis l'endométriose l'a rattrapée, jusqu'à la clouer temporairement dans un fauteuil roulant et faire tomber la fin de la tournée. ''Star Power'' arrive dans ce contexte, enregistré dans le même studio que le premier, écrit pour l'essentiel avec le claviériste Chris Dando, Ash Baker à la guitare et Leon Smith à la basse.

La continuité est revendiquée jusque dans le détail : la mélodie qui ouvre 'Star Power' est une transposition de celle qui fermait l'album précédent, et le morceau-titre étire cinq minutes de riffs vrombissant hyper groovy, jouissifs associés à un énorme solo de flûte ! La claque !

'Dirty Martini' enfonce le clou avec ce rock si cher à nos oreilles, style ambiance de club de 1973 joué par des musiciens visiblement ravis d'y être, avant que 'The Passenger' n'élargisse le champ : plus spatial, plus aérien sur le début avec une progression rock à la imite du progressif.

'Jack Rabbit' assume le pastiche avec une longue introduction qui lorgne franchement du côté du 'Seven Seas Of Rhye' de Queen avant de virer au pur rock seventies. Greenaway sait que la mode est ailleurs et s'en moque, ce qui est plutôt à son crédit.

'Wonder', le single installe un groove simple, léger et insouciant qui permet de marquer une pause dans cet album très intense. Et les affaires sérieuses reprennent avec 'Who Ya Gonna Lean On' qui enchaîne des riffs rock sans la moindre pudeur, mélodies gigantesques et refrain frontal, tandis que 'Take To The Streets' sonne très Sweet voire Suzy Quatro, ce qui n'est pas surprenant quand on sait que le groupe a tourné avec Sweet en première partie.

Quant à 'Snakes & Ladders', né d'une rencontre improbable avec Gareth McGrillen de Pendulum, qui l'a co-écrit et y tient la basse, il aurait pu tourner à la curiosité ; l'électronique s'y glisse sans casser le rock et le résultat tient debout tout seul. 'Planets Collide' garde le pied au plancher, puis 'Feel It Too' referme le disque sur des harmonies vocales très Sweet et un solo de Lita Ford dont la dernière note traîne longtemps.

Reste ce qui fait vraiment tenir l'ensemble : la voix. Siân possède l'un des organes rock les plus impressionnants qu'on entende aujourd'hui, puissant sans jamais forcer, et les empilements d'harmonies qu'elle assemble seule constituent la signature réelle du projet, plus encore que la flûte ou les costumes. La production suit, plus large et plus musclée que sur le premier album, avec assez d'espace pour que les claviers de Dando et les nappes de flûte coexistent sans bouillie.

Star Power est bien plus qu’un simple hommage au glam rock des années 70 : c’est une déclaration d’amour furieusement actuelle à l’essence même du rock ’n’ roll. Bobbie Dazzle y déploie une voix superbes, à la fois théâtrale et charnelle, qui rappelle les grandes divas du glam tout en affirmant une personnalité propre, libre et électrisante.

L’album regorge de riffs magiques, de mélodies qui s’accrochent immédiatement et d’une production lumineuse qui laisse chaque instrument respirer. Les guitares scintillent, les chœurs explosent, et l’ensemble sonne comme si Sweet, Bowie et Queen avaient décidé de refaire un album ensemble, mais avec l’énergie brute d’une scène contemporaine.

Star Power ne se contente pas de revisiter le passé : il le réinvente avec une joie communicative, une confiance absolue et un sens du spectacle rare. C’est un disque qui fait du bien, qui redonne foi dans la capacité du rock à être à la fois intelligent, sensuel et profondément divertissant. En somme, un véritable coup de cœur glam, aussi brillant qu’indispensable.