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Sovran

United Rock Nations

Draconian

9 titres
Gothic Doom Metal
Durée : 63
Sorti le 30/10/2015
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Avec plus de 20 ans d'existence, DRACONIAN a débuté sa carrière en 1994 sous le nom de KERBEROS et jouait du Heavy/Death Metal mélodique. La même année, Anders Jacobsson rejoint le groupe au chant et aux claviers et influence le combo suédois pour se nommer tel qu'il se nomme aujourd'hui.


Après plusieurs démo s'étalant de 1996 à 2002, les suédois sortent leur 1er album 'Where Lovers Mourn' en 2003, qui sonnera plus Gothique/Doom Metal aux thèmes s'intéressant à la mort, la dépression, l'amour et la souffrance. Fort de 6 membres, DRACONIAN se targue de jouer une musique sombre et mélancolique mélangeant la beauté du chant féminin de Lisa Johansson (remplacée en 2012 par Heike Langhans) et le bestial chant death growl d'Anders Jacobsson.


S'ensuivent pour le côté instrumental Johan Ericson et Daniel Arvidsson aux guitares, Jerry Tortensson à la batterie et Fredrik Johansson à la basse. Le line-up étant stable depuis près de 10 ans, le changement de chanteuse en 2012, après la sortie de 'A Rose For The Apocalypse', a retardé la sortie de ce 6ème opus des suédois. Il était très important pour le groupe de continuer à véhiculer l'esthétique de « la Belle et la Bête » en opposant une voix claire, angélique et romantique d'une femme à celle d'Anders gutturalement caverneuse.


C'est chose faite par la sublissime Heike Langhans dont le talent offrira à DRACONIAN cette prouesse vocale. Lorsque l'on appuie sur « play » pour lancer l'écoute de cet opus, d'entrée on sait que l'on va écouter un Metal différent nourri de nombreuses influences. 'Heavy Lies The Crown' démarre par une intro Heavy Metal, accessible et d'autant plus lorsque Heike se met à chanter. Elle a une voix puissante et douce à la fois offrant force et mélancolie. Totalement en opposition aux glunts d'Anders intervenant peu après sur fond de riffs plus Doom/Death inspirant la souffrance. S'ensuivra l'alternance de chant entre les 2 protagonistes tout au long de la piste et tout au long de cet album de plus d'1 heure.


On sent immédiatement ce qui a été précisé en intro de cette chronique à savoir le thème central et récurrent de l'esthétique de « la Belle et la Bête ». Chacun des 9 titres d'une durée moyenne de 6 à 8 minutes composera donc entre la beauté des riffs aux mélodies gothiques et parfois symphoniques et les riffs plus gras, lourds et distordus chers au Doom Metal. On remarquera rapidement à l'écoute que les suédois savent composer une musique triste et mélancolique avec des passages plus sombres tels que sur 'The Wretched Tide' lors du chant à 2 de Heike et Anders et lors de la narration du texte accentuant la tristesse.


Atmosphère que l'on retrouvera également sur 'Pale Tortured Blue' offrant un côté nostalgique tout comme 'No lonelier Star' et son passage très Doom limite Funeral tellement les death growls d'Anders sont profonds. Ce titre met « la Bête » davantage en valeur que « la Belle » alors que jusque là l'alternance du chant était plutôt équilibrée. C'est d'ailleurs le seul titre de tout l'album où la priorité est donnée à Anders puisqu' il attaquera en 1er sa partie vocale alors que les 8 autres privilégieront Heike.


Trois titres s'affirmeront plus épiques. 'Pale Tortured Blue', 'Stellar Tombs' et 'Dusk Mariner'. Le 1er s'accoutumant d'une ambiance romantique même si la mélancolie l'emportera. Le second qui sera plus noir malgré une mélodie entrainante montant en puissance en seconde partie et son outro au piano... de toute beauté ! Et le 3ème avec son intermède aux seules guitares puis l'un des rares soli de la galette et enfin son outro épique après un court passage au piano.


'Dishearten' se veut aérien, spatial au départ pour virer plus guerrier au son d'une basse très affirmée accompagnant les 2 chanteurs d'une même voix. L'auditeur assistera à 4'20'' à un changement brutal au cours du quel l'effet aérien se verra plus présent et complètera la narration du texte en alternance de Heike puis Anders sur près d'une minute. L'outro puissante et dynamique sera en totale contradiction avec le titre suivant 'Rivers Between Us' particulièrement romantique puisque ce morceau se veut être une ballade. Point d'Anders sur cette chanson ; ce sera Daniel Änghede de CRIPPLED BLACK PHOENIX qui donnera la réplique à Heike. Anders apportera la brève touche mélancolique du titre comme un être déçu et bouleversé d'avoir été trompé !

D'ailleurs cette outro aura toute son importance pour lancer le 9ème et dernier titre de cet opus qui se veut sombre, noir...macabre ! L'ensemble du chant et de la musique aura un côté sinistre. La présence du violon en 2ème partie accentue le côté épique et la puissance du morceau. Heike fera l'outro par un chant si triste qu'elle semble mourir d'un amour impossible (« So tired, so tired...I need to feel the freezing blue, Leave me here !, Let the coming of spring, Carry me back to earth.,Leave me here! »).

Avec 'Sovran', DRACONIAN continue d'évoluer sur le thème de « la Belle et la Bête » si cher aux suédois. Cet opus de toute beauté est magistralement orchestré tant sur la production, la technique que sur l'artistique. Bien que ce full length se veut sombre et mélancolique, il apporte de la fraîcheur et de la mélodie dans ce monde brutal que sont le Doom et le Death Metal et c'est fort appréciable.

Anibal Bérith
Founded in 1994 in the Swedish Säffle, Draconian gradually refined their sound of melodic Death Metal with elements of Black Metal, becoming more ponderous and doomy over time. Their style-defining 2003 debut LP "Where Lovers Mourn" served a welcome alternative for fans of such classic doom artists like My Dying Bride and Paradise Lost.

Contrary to many of their peers however, Draconian's sound has remained steadfast to its origins, in particular, the powerful vocal growls of Anders Jakobsson, one of the band's defining and most unique features, along with newcomer female vocalist Heike Langhans sensitively interwoven melodies. Draconian's sixth studio album Sovran is no exception to this formula, and immediately convinces the listener with Beauty and the Beast-esque vocal contrasts, striking accents, and threatening moods. Sovran also features a guest appearance from Daniel Änghede (Crippled Black Phoenix) on the haunting track “Rivers Between Us”.