J'ai toujours trouvé le Hard FM bancal pour notre pays, pas assez Hard pour le public "métal", trop Hard pour les ... radios justement. Quelle station diffuserait un groupe comme Ten aujourd'hui, à part les émissions de métal locales ? Il en résulte que ce groupe, Ten, est (injustement ?) méconnu chez nous et revient avec pas moins que leur quinzième album si je ne m'abuse !
Ce nouvel opus sort ne même pas un an après "Here be monsters" qui avait été bien accueilli par les critiques de ce que j'ai pu en lire. La pause imposée par les différents gouvernements lors de la pandémie, si elle a été fatale à quelques uns (Je pense à Anathema notamment), a été bénéfique à d'autres qui ont profité de ce temps pour composer, ce nouveau disque ayant été écrit en même temps que le précédent. Côté visuel, après les pochettes illustrées des somptueux dessins de Luis Royo ("Spellbound", "Babylon" et "Stormwarning"), celles un peu sexy plus ou moins réussies ("Return to Evermore", "Albion", "Isla de Muerta"), retour aux fondamentaux pour celle-ci avec un crâne. Difficile de faire plus simple. La musique de Ten va t'elle suivre le même chemin, s'enhardissant un peu plus qu'à l'accoutumée ?
C'est, en tout cas, ce que je me suis un peu dit après avoir écouté les deux premiers morceaux de l'album, l'entrainant 'Look for the rose' et surtout, surtout 'Brave new lie' avec un riff qui vous collera dans la tête dès la première écoute. S'ensuit un morceau assez soft que j'ai trouvé franchement mou du genou, 'The tidal wave'. Heureusement l'album repart sur l'excellent morceau suivant, 'Parabellum', qui, après une introduction inutile (des extraits d'informations britanniques concernant différentes guerres - d'où le titre, évoquant l'indémodable dicton Si vis pacem para bellum - Qui veut la paix prépare la guerre), met en avant un mixage de très bonne qualité, avec deux guitares très bien complétées par un clavier. La rythmique m'a grandement évoqué les crocs du Serpent blanc, je veux bien sur parler de Whitesnake. Changez la voix par celle de David Coverdale, c'est assez frappant sur le début du morceau. Ce morceau confirme ce à quoi l'on a affaire tout le long du disque, un sens très certain de la mélodie et des riffs. Je dois avouer que j'ai presque été frustré de ne pas avoir plus de guitares parfois pour le coup ! Cet album m'a beaucoup plu sur les passages Hard et sur tous les solos, les passages plus soft m'atteignant généralement beaucoup moins (Trop cliché ou caricatural pour moi... écouter les morceaux 'New found hope' ou 'The Greatest Show On Earth' par exemple), mais c'est lié à ce style de musique. Un autre élément qui manque peut-être un peu sont des chœurs puissants, sur 'The Greatest Show On Earth' celà m'a paru criant... J'ai du trop écouter Nightwish je suppose !
Une chose est sûre en tout cas, cet album est honnête (Malgré le fait d'avoir placé les morceaux les plus pêchus au début de l'album...) et intègre, Ten fait du Ten et le réussit très bien.