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Slower

FRED H
Journaliste

Slower

Avec ce concept Slower, Balch et ses partenaires ont choisis d’adapter librement Slayer plutôt que de rependre le matériel source de manière trop sacrée. Une suite s'impose.
5 titres
Sludge/Doom Metal
Durée : 38:42
Sorti le 26/01/2024
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Le 30 novembre 2019, Slayer, formation référence de thrash américain, donnait son ultime concert au Forum de Los Angeles. Avouons-le, depuis cette date, le monde du metal n’est plus tout à fait le même. Il faut pourtant se rendre à l’évidence, l’ancien combo du regretté Jeff Hanneman ne se reformera jamais.

Quoi qu’il en soit, en attendant le futur groupe de Kerry King (annoncé à son nom et pour bientôt), voilà que déboule Slower, tribute band du quatuor dissout. Pour la petite histoire, la genèse de l’affaire remonte à quelques années. Alors qu’il donnait un cours de guitare, pour mieux décortiquer et expliquer 'South Of Heaven' de qui vous savez à un de ses élèves, le six-cordiste Bob Balch (Fu Manchu) eu l’idée de fortement ralentir le titre. Voyant là une opportunité à développer, et après avoir opéré quelques réglages et changement d’accordage, le concept « Slow and Low » (NdT : Lent et bas) était né/trouvé.

Présentement, l’instigateur étasunien débarque avec quelques acolytes pour un 1er EP éponyme. Les cinq reprises sélectionnées puisent dans « Show No Mercy », « South of Heaven » et surtout « Seasons in the Abyss ». Si le batteur Esben Willems (Monolord) apparait sur tous les morceaux, le bassiste Peder Bergstrand (Lowrider) et la vocaliste Amy Tung Barrysmith (Year Of The Cobra) sont dans la bagarre « que » sur les quatre premières compos. Pour la dernière piste ('South of Heaven'), ce sont Laura Pleasants (Kylesa) et Scott Reeder (Fireball Ministry, ex-Kyuss) qui officient respectivement au micro et à la 4-cordes en lieu et place des comparses précités.

Vous l’avez compris, la clique a décéléré les tempos furieux de nos anciens « tueurs » pour s’orienter vers quelque chose de plus sludge et doom-esque. Ainsi retravaillées, les chansons voient leurs durées considérablement rallongées ('War Ensemble' passe de 4:52 à 10:38, 'Blood Red' de 2:50 à 6:30, 'The Antichrist' de 2:49 à 8:13, etc.).

Globalement, la guitare est bien lourde et les soli défouraillés à vitesse maximale sont absents. Jouer plus lentement, certains riffs principaux se reconnaissent tout de même ('Dead Skin Mask') et d’autres (en grand nombre) bien moins. Cela étant dit, ces réarrangements donnent aux compositions un rendu plus sombre et obsédant que les pistes originelles. Ces appropriations sont si ralenties qu’il est bien difficile de reconnaitre les missiles délivrés par King & cie.

L’autre particularité (et intérêt) du projet réside dans le remplacement du chant masculin hurlé de Tom Araya par des vocaux féminins éthérés. Les chants hypnotiques et envoutants des Ladies Barrysmith et Pleasants complètent parfaitement le mur sonore proposé par les instrumentistes. A l’instar de la musique, les paroles prennent elles aussi une autre et étrange direction avec ce registre vocal plus doux et aérien.

Avec ce concept Slower, Balch et ses partenaires ont choisis d’adapter librement Slayer plutôt que de rependre le matériel source de manière trop sacrée. Dès plus intéressant, le résultat amène une autre vision de plusieurs incontournables des ex-membres du « Big Four of Thrash ». Une suite s'impose.