Il est des projets qui semblent émerger des brumes d’un passé glorieux pour mieux redéfinir le présent. Fin 2024, sous l’impulsion de Fred Samhein et rejoint par la plume habitée de Lord Kerwarddrik, une nouvelle entité a vu le jour. Le résultat de cette alchimie occulte se nomme "The Dawn Of Samhein", un premier opus qui s’écoute comme on s’enfonce dans une forêt ancienne au crépuscule.
Loin des sentiers battus du metal moderne, le duo nous livre onze pièces d'orfèvrerie où la mélancolie n'est pas une faiblesse, mais une force créatrice. On y retrouve cet ADN "old school" qui rappelle les heures sombres de Fields of the Nephilim, mêlé à la lourdeur solennelle d'un Paradise Lost. L'ajout de voix féminines et de nappes symphoniques apporte une respiration presque mystique à cette architecture sonore, créant un pont entre le doom gothique et une élégance plus éthérée.
Entre fureur et recueillement
L'album est une véritable montagne russe émotionnelle. Le voyage débute par la morsure glaciale de 'Sisters of the Dawn', un titre d'une noirceur agressive qui pose d'emblée les bases d'un univers sans concession. On se laisse ensuite surprendre par l'efficacité redoutable de 'Consolamentum', un morceau dont l'accroche reste gravée dans l'esprit bien après la fin de l'écoute.
Mais c'est dans la nuance que le groupe brille le plus. 'Hadassah' est un moment de grâce pure, sublimé par une guitare 12 cordes dont les notes cristallines semblent danser dans le vide. Enfin, comme pour sceller ce pacte avec l'ombre, le disque s'achève sur le grandiose 'Rising Like a Dying Sun'. Pendant près de six minutes, cette pièce maîtresse déploie toute l'ambition du projet, s'étirant tel un dernier rayon de soleil avant l'obscurité totale.
"Sisters of the Dawn" n’est pas seulement un disque, c'est une cérémonie ésotérique à laquelle on s'adonne avec un plaisir teinté de frissons. Une entrée fracassante dans le paysage gothique actuel.