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Shapes of Midnight

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Uncle Acid and the Deadbeats

‘’Shapes Of Midnight’’ rappelle une vérité simple que beaucoup oublient : un grand album de rock, c'est d'abord une histoire de riffs et de son. Uncle Acid n'a pas oublié ça.
8 titres
Psychedelic Rock/Doom Metal
Durée : 45
Sorti le 18/09/2026
16 vues
Deux ans après ‘’Nell' Ora Blu’’, leur sixième album entièrement dédié à l'esthétique du Giallo italien, synthés vintage, atmosphère de film d'horreur transalpin, couleurs chaudes et menace permanente, Uncle Acid & The Deadbeats changent de registre mais pas de planète. ‘’Shapes Of Midnight’’, septième album publié sur leur propre label Killer Candy Records, revient aux guitares au premier plan, aux riffs qui pèsent, à cette énergie de combo qui joue dans une pièce ensemble plutôt que de construire des atmosphères en couches. Enregistré à Abbey Road Studios en trois jours, en direct sur bande analogique, avec l'ingénieur Chris Bolster (Ozzy Osbourne, Paul McCartney) et des micros Neumann ayant appartenu aux sessions des Beatles et de Pink Floyd, le disque a une sonorité d'une authenticité saisissante. Le mastering est signé Noel Summerville (The White Stripes, The Clash, My Bloody Valentine), chaque maillon de la chaîne porte le souci du son.

‘House By The Grave’, six minutes cinquante, ouvre le bal avec une lenteur voulue (sauf le final épique qui explose tout sur son passage !) comme si le groupe prenait tout le temps du monde pour installer le décor avant que la menace ne se révèle. Le riff principal tourne sur lui-même avec une obstination hypnotique, et la voix de Kevin Starrs y prend ce timbre particulier entre berceuse et malédiction.

‘Shapes Of Midnight’, le single, change de vitesse : plus nerveux, plus boogie, avec ce psych-prog interlude central avant de replonger dans la densité initiale. On pourrait presque parler de ‘’boogie doomy’’. Le groupe ajoute de la vitesse là où Sabbath avait ralenti, sans trahir l'esprit. ‘When Evil Wakes’, presque sept minutes, est le moment le plus poppy avec un orgue à la Doors que l’on devine en fond en sortie de refrain et un superbe solo de guitare long, envoutant, entrainant, traité avec la sensibilité psyché du groupe.

‘Don't Let It Control You’ envoie du lourd dans le pur esprit de Hawking, hypnotique à souhait, puissant……mon coup de cœur de cet album. ‘Psycho On The Loose’ poursuit dans la densité, tandis que ‘I Won't Sleep ('Til You're Gone)’ à cheval entre Beatles et Blue Oyster Cult surprend par son efficacité. ‘The Other Side Of The Sky’ est sublimé par ses riffs hard-rock. ‘Sleep No More’ clôt avec un shuffle blues-synthé qui referme la parenthèse de façon inattendue.

‘’Shapes Of Midnight’’ est un disque qui attrape et ne lâche plus. Sombre, lourd, habité par les fantômes de Poe et les angoisses du monde réel — mais paradoxalement jouissif, presque euphorisant à l'écoute. C'est là tout le paradoxe d'Uncle Acid & The Deadbeats : ils construisent des atmosphères menaçantes et des univers décalés, mais les riffs qui les portent sont d'une efficacité redoutable, hypnotiques au sens le plus physique du terme. On se retrouve à hocher la tête sans s'en rendre compte, à suivre le groove d'une guitare qui sonne à la fois vintage et intemporelle, à se laisser embarquer dans ce monde légèrement de travers que Kevin Starrs décrit si bien.

La production, enregistrée en direct sur bande analogique à Abbey Road, fait le reste — elle donne au disque cette chaleur organique, cette sensation de présence dans la pièce avec eux, que les productions modernes peinent souvent à restituer. ‘’Shapes Of Midnight’’ rappelle une vérité simple que beaucoup oublient : un grand album de rock, c'est d'abord une histoire de riffs et de son. Uncle Acid n'a pas oublié ça.