Le locus noir, ou substance noire, est une structure cérébrale essentielle impliquée dans le contrôle des mouvements, particulièrement affectée dans la maladie de Parkinson.
C’est aussi le nom du nouveau groupe de Ben DMN, ex-tête pensante de Sybreed. Douze ans après le split du combo suisse et quelques projets musicaux non aboutis, le vocaliste voit enfin son travail récompensé avec la publication de cette première offrande mêlant metal gothique et new wave.
Le court 'Walpurgisnacht 1996', qui introduit l’album, a tout du générique de film fantastique avec son intro lugubre et ses bruitages inquiétants. La section metal qui suit se pare d’atours grandiloquents alors que la voix de Ben charme et envoute dès le premier couplet. Une excellente mise en bouche qui augure du meilleur pour la suite et que 'Shadow Sun' ne contredira pas. Dynamique et accessible, alternant couplets en son clair et refrains saturés, cette seconde piste a tout pour accrocher l’oreille et l’attention de l’auditeur.
Cette impression se fait encore plus prégnante sur le tubesque 'Cemetery Youth', qui voit Ben Christo (Sisters Of Mercy), poser sa voix et ses lignes de guitare sur ce classique instantané.
Les nostalgiques du goth metal propre aux années quatre-vingt-dix ne pourront que se réjouir à l’écoute de titres aussi emblématiques que 'A Dismal Romance' et l’accrocheur 'She Haunts The Night'.
L’ombre de Paradise Lost, période One Second, plane en de nombreuses occasions, alors que 'Reburial' revêt une teinte gothique rappelant Fields Of The Nephilim.
Le groupe soigne ses arrangements, idéalement mis en son par une production claire et puissante. Les structures gagnent ainsi en intensité et ‘’viscéralité’’, en témoigne le superbe 'Thicker Than Darkness Itself', empreint d’une beauté spleenesque à faire pleurer l’Undertaker en personne. De même, 'Hollow' transpire le regret d’un bonheur perdu à jamais que n’aurait pas renié Peter Steele.
Ben DMN se montre un vocaliste appliqué et impliqué, au timbre varié et des plus agréables, indéniablement l’une des forces principales de ce premier long. Le mérite en revient également à ses musiciens, d’une précision et d’une interprétation exemplaires (ah, ce solo illuminant 'Death, That Elusive Mistress' !)
Avec ce premier essai, Locus Noir ne prétend pas réinventer la roue mais la rechape suffisamment pour nous offrir un voyage sensoriel dont on se souviendra.
A noter la présence deux morceaux additionnels sur l’édition limitée. Un 'How Harsh Is The Light' suintant la déprime avec son atmosphère lourde et ses guitares harmonisées en fin de piste. Et une reprise surprenante et néanmoins réussie du 'Marry The Night' de Lady Gaga, qui s’intègre parfaitement à la ligne directrice de l’opus.