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Sepulquarta

FRED H
Journaliste

Sepultura

Un peu de neuf avec du vieux pour nous faire patienter jusqu’à la prochaine tournée et/ou rondelle. Bien joué Sepultura.
15 titres
Metal / Hardcore / Thrash
Durée : 61 min 06
Sorti le 13/08/2021
2526 vues
Le 7 février 2020, Sepultura défouraillait son quinzième skeud studio « Quarta ». Quasi au même moment, la pandémie du Coronavirus frappait la planète entière. En l’espace de jours/semaines, tout s’est arrêté ou presque. Confinements, mesures sanitaires, frontières fermées. Pour les muzicos, les tournées ont été stoppées, reportées, voire annulées.

Au milieu de ce gros bordel, le gang américano-brésilien a choisi d’utiliser ce temps libre imposé pour lancer le « Sepulquarta ». Dans le principe, du 22 avril au 19 décembre 2020 (d’abord chaque semaine puis deux fois par mois sur la fin), Andreas, Derrick, Paulo Xisto et Eloy ont donnés rendez-vous à leurs fans via des streams diffusés sur leur site officiel et leur chaine YouTube. Lors de vingt-neuf podcasts (tous les mercredis), le combo a pu discuter avec ses afficionados issus de tous les pays, papoter avec des potes artistes, mais aussi jouer de la zique (l’un dans son salon, l’autre dans son local de répet’, …). Dixit Andreas Kisser « C’était génial ! Ça nous a maintenus en vie et forts tout au long de l’une des périodes les plus difficiles de l’histoire de l’humanité ».

Le présent effort qu’on nous balance là regroupe donc quinze morceaux extraits de ces sessions « live in quarantine ». Et là, vous vous dites, vingt-neuf sessions et « seulement » quinze chansons proposées, mais le compte n’y est pas. Un second volet verra le jour (ou pas) dans quelques temps, qui sait ?. Quoi qu’il en soit, l’intérêt de la galette est double. D’abord, on a le droit à pas mal de pistes sorties de « Beneath The Remains », « Chaos A.D. » et « Roots » (hurlées à l’époque par Max Cavalera) ici beuglées par le colosse black. Le restant est puisé dans la discographie avec Derreck au micro (« Quadra », « Machine Messiah », « Kairos », « Against », « Nation », et « Roorback », avec un ou deux trucs de chaque opus. De manière assez étrange, le chant du grand gaillard noir est parfois en retrait par rapport aux autres instruments. Depuis son arrivée en 1997, le natif de Cleveland divise. On adhère ou pas à son timbre plutôt typé hardcore et à sa tendance à « bouffer » les lyrics les rendant pas toujours identifiables. Par contre, le jeu puissant et varié du sieur Casagrande (bien arrimé derrière ses fûts) demeure une véritable locomotive pour tout le groupe.

Ensuite, pour un peu de diversités et le plaisir de partager, la formation originaire de Belo Horizonte à laisser une grande place à tous un tas d’invités. Aux côtés du quartet instigateur se succèdent donc des bassistes (l’ex-Megadeth David Ellefson sur 'Territory', Phil Rind de Sacred Reich pour 'Inner Self'), une kyrielle de gratteux ('Kaiowas' avec Rafael Bittencourt, 'Cut-Throat' avec Scott Ian d’Anthrax, 'Orgasmatron' avec Phil Campbell, 'Vandals Nest' en compagnie d’Alex Skolnick de Testament), et même des batteurs-percussionnistes ('Ratamahatta' avec Joao Barone et Charles Gavin).

En ce qui concerne les vocalistes, là aussi c’est un vrai défilé qui nous est offert. Danko Jones ('Sepulnation'), Devin Townsend ('Mask'), Marcello Pompeu de Korzus ('Slaves Of Pain' feat. Fred Leclercq de Kreator/Loudblast) ou encore Matt Heafy de Trivium ('Slave New World') y vont de leurs grosses gueulantes. Plusieurs ladies sont aussi de la bagarre et ne sont pas en reste du tout (Emmily Barreto sur 'Fear, Pain, Chaos, Suffering', le trio infernal formé par Angélica Burns, Mayara Puertas, et Fernanda Lira pour 'Hatred Aside').

En proposant un peu de neuf avec du vieux (grâce surtout à la présence de guests prestigieux et des variations vocales), ce « Sepulquarta » rempli parfaitement son rôle (comprendre nous faire patienter jusqu’à la prochaine tournée et/ou rondelle). Bien joué Sepultura.