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Sentiments

Fabien
Journaliste

Cabin Boy Jumped Ship

Décomplexé, Cabin Boy jumped ship se veut éclectique et assume de pouvoir pratiquer le grand écart facial avec une désinvolture tantôt légitimement agaçante et tantôt tout bonnement jouissive.
11 titres
Electro Métal
Durée : 43
Sorti le 27/05/2022
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Les kids de Leicester, en s'affublant d'un tel nom n'ignoraient sûrement pas qu'ils allaient susciter la curiosité. Cabin Boy jumped ship, Pourquoi pas ? Restait à savoir si cela suffirait pour convaincre les plus soupçonneux de jeter une oreille sur cette galette. Deux options s'offraient alors à ce ''garçon de cabine sautant du navire'' : se noyer comme un crétin ou onduler comme une ondine. Une chose est déjà sûre, ce garnement sait nager même si c'est parfois en eaux troubles.

Connu pour ses prestations scéniques plutôt solides, le quatuor œuvre dans un électro-hardcore dopé à la nitroglycérine et propose avec ce ''Sentiments'' un second album athlétique qui risque néanmoins, soyons lucides, de diviser la communauté métallique. Deux chanteurs pour le prix d'un, des motifs électros en nombre conséquent, quelques facilités mélodiques qui interrogent mais aussi et surtout une énergie débridée et parfois très déroutante, le fait est que Cabin Boy jumped ship joue plutôt libéré en s'autorisant quelques divagations qui si elles flirtent souvent avec le mauvais goût ont la décence de ne jamais s'y complaire durablement.

Décomplexé, Cabin Boy jumped ship se veut éclectique et assume de pouvoir pratiquer le grand écart facial avec une désinvolture tantôt légitimement agaçante et tantôt tout bonnement jouissive, et d'après certaines rumeurs, Jean-Claude Vandamme serait fan. Quoi qu'il en soit, les influences sont pléthore et si le groupe ne se prive pas de piocher à droite, à gauche et au milieu, il ne manque pas pour autant d'apposer à l'ensemble une patte personnelle que d'aucuns jugeront à l'aune de leur propre sensibilité.

Alternant le chant clair du bûcheron de service avec les hurlements du frontman, la bande de Leicester échafaude un chaos assez propret mais susceptible pourtant de dégourdir quelques nuques, 'Survivor' fera pour l'occasion très bien l'affaire. Le son est épais mais ne surjoue pas l'hystérie ce qui donne à l'ensemble une impression de maîtrise assez intéressante et ce d'autant plus que les touches électros , hormis quelques passages moins inspirés pour ne pas dire franchement racoleurs (le passage en clair de 'Smile' par exemple), réussissent à ne pas détoner en s'intégrant plutôt harmonieusement.

L'auditeur pourra ainsi au gré de ses errances trouver certains parfums délicieux, d'autres entêtants et même parfois fétides. 'Demons' n'est alors pas sans rappeler la rage des furieux de Tetrarch, ce qui entre nous n'est pas une infâmie. 'Deluded' quant à lui se démarque un peu de l'ensemble grâce à ses passages gentiment rappés qui font indéniablement penser à un Twenty One Pilots susceptible et donc énervé... éclectisme disions-nous.

Moderne dans sa démarche, solide dans l'interprétation, Cabin Boy jumped ship est un de ces groupes plutôt plaisants qui surgissent un peu de nulle part et dont on ne sait vraiment s'il parviendra à gagner en personnalité ou s'il rejoindra le tout venant des hordes métalliques. Comme dirait l'autre : ''les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir.''