Si la scène extrême française n’a jamais été aussi florissante qu’aujourd’hui, force est de constater que le mélodeath façon Göteborg n’est pas le style le plus représenté. Saluons donc le retour aux affaires des Franciliens Monolyth, figure établie du genre aux côtés des vétérans Destinity.
Deux ans après un ''We’ve Caught The Sun'' d’excellente facture, le combo nous revient avec un ''Seeds Of Perseverance'' dopé aux hormones.
Après une courte intro qui pose l’ambiance, 'Regenesis' ouvre les hostilités via un death mélodique puissant et accrocheur, riche d’harmonies et de soli enjoués.
Constat indéniable : en deux petites années, le groupe a progressé de manière flagrante tant sur le plan musical que vocal. Les tempi alternent de manière harmonieuse entre blasts soutenus et breaks judicieusement placés.
La paire de bretteurs Julien Dijoux/Larry Etienne tricote du riff avec une facilité déconcertante. Alambiquées mais jamais démonstratives, les lignes de guitare allient puissance et agressivité sans jamais sacrifier l’aspect mélodique, en témoignent les nombreux soli harmonisés ('Like Razor Blades', 'Searching for…'). Elles peuvent en outre s’appuyer sur une section rythmique carrée dont la profondeur contraste avec les claviers souvent aériens qui enjolivent l’ensemble ('Perseverance').
Le chant d’Amaury Durand, qui alterne entre vocalises rauques propres au thrash et screams, se montre plus varié que sur les œuvres précédentes. Le chant clair lui sied particulièrement bien, en témoignent les refrains de 'This Void Deep Inside' ou le délicat 'Searching For…'
Si le death prédomine, le quintette s’en va à tantôt chasser sur les terres du metalcore ('Prison Life' et son accordage bas, 'The Unexpected Flame'), tantôt rendre hommage au heavy metal des 80s avec le très réussi 'Better Off Somewhere Else'.
Le court 'Time', avec son refrain à la Trivium, cherche l’efficacité et semble taillé pour la scène.
L’éthéré 'High & Low' apporte une respiration bienvenue avant que le musculeux 'Into Oblivion' ne reprenne les hostilités jusqu’au conclusif 'Perseverence', qui mêle habilement riffs lourds et claviers aériens.
Les structures, bien que complexes, n’en restent pas moins fluides et rendent le plaisir d’écoute d’autant plus prégnant. La production, signée Thibault Bernard (Convulsound Production), fait honneur à cette cuvée 2025, les quinze pistes gagnant en clarté et en dynamique par rapport à l’opus précédent. Ainsi ces 56 minutes passent-elles bien plus rapidement qu’on ne le voudrait et l’auditeur se surprendra à réappuyer sur la touche lecture dès la dernière note achevée.