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Scar Weaver

Fabien
Journaliste

Once Human

''Scar Weaver'', et ce n'est pas la moindre de ses qualités, s'avère être de ces albums susceptibles de plaire à la fois aux amateurs de gros sons épais et destructeurs mais aussi aux gastronomes à la recherche du détail qui tue et qui transcende.
10 titres
Melodic Death Metal
Durée : 41
Sorti le 11/02/2022
2109 vues

Il y a peu, la CIA décidait de déclassifier tout un tas de documents relatifs aux OVNIS et à la vie extraterrestre. Quel lien, me direz-vous, avec United Rocks Nations ? Aucun a priori, si ce n'est la chronique de cet OMNI (Objet Musical Non Identifié). Archive 6, page 789, alinéa 64, ligne 3, je me contenterai de vous traduire un extrait du rapport étatsunien : ''Once Human est le croisement de Médusa et d'une ogresse. Cela n'existe pas sur terre. Une enquête est en cours.'' Aussi lapidaire soit-il, ce passage aurait dû mettre la puce à l'oreille de tous les humains, chevelus ou pas. Il s'est passé quelque chose là-bas, ce quelque chose, c'est ''Scar Weaver''.

Once Human est donc la dernière hybridation en date, le fruit d'un accouplement musical entre une grizzly australienne (le grizzly australien est une espèce rare, j'en conviens) et un touche-à-tout de génie en la personne de Logan Mader. Ex de Machine Head et de Souffly, producteur prolifique (de Gojira entre autres), le bonhomme est un boulimique patenté et éclabousse de son talent bizarre ce roboratif ''Scar Weaver'', troisième effort de la bande et non des moindres.

Ce qui frappe d'emblée, c'est cette alchimie détonante qui semble s'être faite naturellement entre la voix d'outre-tombe de Lauren Hart (frêle donzelle à la voix de mammouth), un groove organique et les étranges volutes guitaristiques de monsieur Logan. La déflagration est violente certes, poisseuse évidemment mais toujours agrémentée de bizzareries mélodiques qui rendent le propos du groupe pas vraiment facile à étiqueter.

Le morceau liminaire 'Eidolon' en dit déjà beaucoup sur la démarche musicale du quintet. Au sein de la tourmente, Logan Mader laisse ruisseler des motifs mélodiques déroutants qui rendent le propos plus subtil et plus alambiqué que sa brutalité intrinsèque ne le laisse supposer. L'univers du groupe conjugue dès lors à la fois les pas de côté iconoclastes et une solide armature métallique plus classique, et si les connaisseurs, à juste titre du reste, ont déjà établi les diverses filiations existantes entre Once Human et ses influences (Fear Factory, Arch Enemy mais aussi Opeth pour ne citer qu'elles), cela n'empêche pas Logan Mader d'insuffler à son projet un parfum d'inquiétante étrangeté plutôt jubilatoire.

Dès lors, plus souvent qu'à son tour, le duo Hart-Mader nous gratifie de trouvailles dont la plupart font mouche immédiatement qu'il s'agisse des samples de 'Cold Arrival', du final dantesque de 'Scar Weaver' (Saint Meshuggah, priez pour nous !) ou du chant presque rappé de 'Deadlock' (sauvagement exécuté par le chanteur de Machine Head, Robb Flynn en personne), chaque morceau nous offre ainsi sa dose de déraison hétérodoxe qui chatouille les papilles des gourmets, des gourmands et des goinfres.

Cette hydre bicéphale est par ailleurs épaulée par une section rythmique impressionnante, notamment grâce à l'hyperactivité du bûcheron de service, Dillon Trollope, qui marque de son empreinte la quasi-totalité des roquettes de cet album. En fait, ''Scar Weaver'', et ce n'est pas la moindre de ses qualités, s'avère être de ces albums susceptibles de plaire à la fois aux amateurs de gros sons épais et destructeurs mais aussi aux gastronomes à la recherche du détail qui tue et qui transcende. Bon appétit messieurs dames !