Katla est à la musique ce que le Panzerkampfwagen VIII Maus (188 tonnes, moteur V12 de 1250ch) est aux blindés, un mastodonte de metal à la puissance de feu phénoménale. Formé en 2018 à Copenhague, le trio bruitiste pratique un sludgecore teinté de black metal, quelque part entre Primitive Man et Drug Honkey.
Un septennat plus tard, forts d’une poignée d’EPs et de l’intégration du bassiste/chanteur Theis Thorgersen, les Danois nous reviennent avec ''Scandinavian Pain'', leur premier long. En jeunes gens éduqués soucieux de notre bien-être, ils nous invitent via leur première piste à la relaxation et au positivisme avant de nous assener un 'Goblet Of Power' dévastateur aux saturations exacerbées. L’impression de s’être pris un Spear de Goldberg époque WCW, pour ceux qui ont la ‘’réf’’, comme disent nos djeuns.
'Dead Lover' poursuit la destruction de nos conduits auditifs avec ces guitares râpeuses et cette basse vrombissante qu’on croirait échappée de Godflesh.
Côté chant, on oscille entre coassements aigus à la Maniac et vocaux écorchés à la Hanno (Mantar), avec ce petit quelque de Slagmaur qui confère un aspect malaisant sur certains passages.
Si la lourdeur domine sur la majorité des titres, le combo sait varier les plaisirs de la torture sonore en proposant quelques changement de tempi via des accélérations black ('Taurus', 'White Dagger'), voire grindcore sur l’amusant 'Eating Grapes with Kevin Sharp' (19 secondes au compteur). Il sait même se montrer plus léger sur 'Grim Jesus', où le chant clair apporte un contraste subtil à l’ensemble.
'Hunab-Ku', tout en arpèges délicats et superbement narré, apporte un répit fort appréciable avant la reprise des hostilités jusqu’au conclusif 'Castle Of Purity', où pesanteur et lancinance confèrent à ce morceau d’acier trempé un côté hypnotique.
Si Katla a su convaincre sur album, le trio ne devrait pas démériter sur les planches, sa musique se prêtant idéalement à une transposition live. Ne les ratez pas lors de leur passage en première partie de 1914.