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Satanic Chaos Legions

Blood Potatoe
Journaliste

NUNSLAUGHTER

Avec ''Satanic Chaos Legions'', Nunslaughter nous invite à une grand-messe infernale et d’un noir profond, qui devrait convaincre les derniers sceptiques au culte de l’ange déchu.
14 titres
Durée : 34
Sorti le 26/06/2026
7 vues

Nunslaughter a cette particularité d’avoir à son actif plus de sorties discographiques que d’années d’existence. Pour un groupe formé en 1987, cela relève de l’exploit et mériterait amplement une citation dans le Guiness Book.
Après un 92e split album live sorti en début d’année, partagé cette fois-ci avec les Georgiens Hessian, les bouchers de Cleveland nous reviennent avec ''Satanic Chaos Legions'', au titre on ne peut plus explicite. Fraichement signés sur BLKIIBLK, les Américains espèrent bénéficier d’une meilleure exposition pour propager leur antichristianisme patenté. Avec des titres de la trempe de 'Jesus Fucking Dies' et 'Rotten Messiah', nul doute qu’ils vont s’attirer la sympathie des autorités religieuses. God Bless America mais le combo ne le lui rend pas.
Ca démarre fort avec le titre éponyme, pur bourrinage death avec guitares abrasives et chant rauque où la haine le dispute à la rage la plus débridée. Un court break vient calmer le jeu avant reprise des violences, légitimées par des textes on ne peut plus blasphématoires.
La messe noire se poursuit avec l’infâmant 'Jesus Fucking Dies', obus incendiaire d’une minute trente qui voit Don Of The Dead jouer au Mâlin avec une rare conviction. Le axeman Tormentor tronçonne du riff à déforester l’Amazonie, son riffing épais et granuleux laminant tout sur son passage ('Unsacrament', 'In The Flames Of Inferno').
Si la cadence est majoritairement élevée avec quelques pointes de vitesse sous formes de blasts ('Die Your Own Death', 'Lucifer The Light'), le quatuor sait ralentir le tempo avec plusieurs breaks judicieusement placés, histoire de laisser récupérer l’auditeur avant un nouvel assaut des légions sataniques.
'Peukharist' pose quant à lui une ambiance lourde et malsaine, digne d’une procession démoniaque.
Le groove s’invite sur plusieurs titres via une basse grondante comme un V8 et des parties de batteries plus subtiles qu’il n’y parait au premier abord ('Christian Ruse', l’intro de 'Peukharist'). 'Rotten Messiah' s’en vient même chasser sur les terres du thrash/crossover des glorieuses eighties.
Le metal noir vient contaminer 'Cathedral Of Stench' et le conclusif 'The Spear Of Satan' de ses tremolos saccadés alors que les très courts 'Listen To The Lies' et 'Infernal Reign', glaviots sales et chargés de fiel, flirtent avec le hardcore le plus revendicatif.
La mise en son, signée par le groupe lui-même, apporte une dimension organique (qui a tendance à se raréfier par les temps qui courent) sans sacrifier à la puissance des productions modernes. Un excellent point pour cette cuvée 2026 râpeuse à souhait.
Pour les inconditionnels du Grand Cornu, l’album se déclinera sous trois versions en vinyle coloré différentes.