"Sanguivore" est un successeur plus que digne de l'excellent "Sex, Death & the Infinite Void" (2020) et a tout du cocktail qu'on redemande jusqu'à l'overdose !
Formé en 2014, Creeper est un groupe de Rock originaire de Southampton qui a signé avec Roadrunner Records dès 2015, sortant cinq EPs et deux albums avec eux, "Eternity, in Your Arms" (2017) et "Sex, Death & the Infinite Void" (2020). Après leurs deux EPs de 2021, "Sounds from the Void" et "American Noir", ils reviennent pour leur troisième album, toujours aussi haut en couleurs : "Sanguivore" !
Dès les premières mesures de 'Further Than Forever', Creeper nous entraîne dans son show qu'on pourrait qualifier de cabaret vampirique ; mais il faut bien admettre que nous ne résisterons pas longtemps devant ce mélange de clavier et riff de guitares à la fois romantique et entraînant ! Et quelle ouverture que celle-ci qui se prolonge et ravive un Rock old school terriblement charmant ! Les choeurs désormais bien connus de 'Cry to Heaven' (la chanson est sortie en mai-juin 2023) résonnent alors, laissant présager une suite à l'efficacité mathématique qu'on se plaît malgré tout à réécouter. Derrière sa batterie, Jake Fogarty accélère le tempo pour 'Sacred Blasphemy' qui reprend tous les bons codes du Rock anglais avec, bien sûr, une production moderne et une thématique qui rapproche indéniablement le groupe de Ghost. Insistons sur le fait que le parallèle se justifie sans avoir jamais l'impression qu'il y a une copie.
Avec un accompagnement beaucoup plus sobre, la voix de Will Gould prend enfin toute la place mélodique et théâtrale qu'elle mérite sur la douce mais pas moins menaçante 'The Ballad Of Spook & Mercy' qui a quelque chose de la sublime 'Where the Wild Roses Grow' de Kylie Minogue et Nick Cave and the Bad Seeds. Lorsqu'on entend 'Lovers Led Astray' qui arrive ensuite, on ne peut que se demander pourquoi Creeper ne s'amuse pas à faire la bande originale d'un film de Tim Burton tant leurs morceaux regorgent de bonnes idées, d'éléments dramatiques (en l'occurrence des choeurs féminins), et de nuances qui mènent à des changements parfois radicaux d'atmosphère. Lorsqu'une foule se met à rugir sur le refrain, une envie s'empare de nous : voir le groupe sur scène dans un cadre où il peut déployer tout son univers horrifique et sensuel !
Le trio Ian Miles (guitare), Sean Scott (basse) et Hannah Greenwood (clavier, violon, chant) fait des merveilles sur tout l'album mais se démarque peut-être encore davantage sur 'Teenage Sacrifice' qui semble avoir été pensé pour leur ménager des espaces d'interventions et d'interactions très bien conçus. 'Chapel Gates' démarre à fond et emprunte au Punk, un registre dans lequel nous n'avons pas encore vu Creeper évoluer et qui semble leur réussir plutôt bien ; avis aux amateurs donc ! Après l'interlude 'The Abyss', nous retrouvons le groupe dans un univers Electro très surprenant avant un retour vers leur univers gothique habituel avec 'Black Heaven'. Le mélange impose une solennité plus sobre que le reste de "Sanguivore" et offre une pause bienvenue. Et enfin, l'envolée lyrique piano et voix qu'on attendait tant est là avec la brûlante 'More Than Death'...à écouter encore et encore.
"Sanguivore" est un successeur plus que digne de l'excellent "Sex, Death & the Infinite Void" (2020, Roadrunner Records) et je ne peux qu'inviter tous les fans du groupe à se jeter dessus, mais aussi tous les amateurs de Rock anglais et les afficionados d'univers gothiques à s'y essayer car ils pourraient y prendre goût plus rapidement qu'ils ne le pensent. En ce qui me concerne, je finis cette chronique et je repars pour un tour car cet opus a tout du cocktail qu'on redemande jusqu'à l'overdose !