Katechon délivre un black honnête et sans artifices. Ayant réussi un mix des genres sans dénaturer le côté old school de leur musique, les norvégiens signent une troisième galette intéressante et plaisante à écouter.
Formé en 2011, le groupe ne cessera de s'activer jusqu'en 2015 en offrant à son public pas moins de deux démos et deux albums. C'est là que ça se calme et que le quartet prend le temps d'élaborer sa troisième galette tout en ayant su faire patienter son public en éditant un Ep bonus track de l'album en cours, en 2018.
Fort de ce succès grandissant, les membres de Katechon ne tardent pas à sortir leur troisième opus ''Sanger fra Auschwitz'' dont nous allons nous intéresser dans cette chronique.
Pas très long (37 minutes) avec 8 titres équilibrés, le quartet délivre clairement un black old school. Toutefois, leur jeunesse et leur inspiration permettent d'insérer dans leur musique des plans plus modernes (post-black) tout comme des ingrédients heavy (soli, riffs thrash) donnant à leur musique quelque chose d'actuel sans pour autant révolutionner le genre.
Sorti du titre introductif 'Fotspor', lancinant et terrifiant (chant) avec un accent mis sur la basse créant des volutes musicales envoûtantes, l'album prend un tournant radical dès la piste suivante ''Eloi''. Agressif à souhait, les blackeux ont de l'énergie à revendre ! Tout en sachant rester mélodique, le tempo distille un rythme intense au travers de blasts puissants et secs ! Le chant du frontman est agressif et donne le ton de l'album qui tend vers quelque chose de dense et dérangeant.
La rythmique est rêche, les soli dissonants, le riff se veut cristallin ('Renselsen') et les plans post-black font leur apparition tout naturellement ('Ankomst', 'Tre hoder').
L'album s'intensifie sans gagner en agressivité par des riffs plus complexes dès 'Mørkets hjerte' donnant un second souffle à l'écoute tout en restant envoûtant, voire planant ('Tre hoder').
Il laisse place au terrible 'Davids skjold' qui, en moins de 3 minutes, a un effet dévastateur par son rythme soutenu et son côté thrash mis en exergue. Leif Wullum pimente son scream en le rendant plus incisif et provocateur, l'ovni de l'album !
En outro, le génial 'Unheimlich' qui recentre la galette en reprenant le rythme et la lourdeur de l'intro 'Fotspor'. Le titre est long (plus de 7 minutes) et permet de mettre en avant le côté instrumental de la composition qui s'accompagne tardivement et sûrement d'un chant plus précis et pénétrant pour s'achever en cri... pour achever l'album !
Sans être innovant, Katechon délivre un black honnête et sans artifices. Ayant réussi un mix des genres sans dénaturer le côté old school de leur musique, les norvégiens signent une troisième galette intéressante et plaisante à écouter. Ce n'est pas l'album de l'année mais c'est clairement à découvrir sur cd comme sur scène!