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Sade

Beleth Ars Goetia
Journaliste

Paragon Impure

Un album laborieux, long et manquant cruellement de cohérence. Très dommage car les musiciens sont excellents.
6 titres
Black Metal
Durée : 44
Sorti le 02/11/2018
3448 vues
VAN RECORDS

Attaquons nous aujourd'hui au dernier album des belges de Paragon Impure, sorti le 2 novembre dernier chez Ván Records. Le groupe a été formé en 2004, enterré en 2009 et ressuscité en 2017 par Noctiz (guitare, basse et chant), afin de compléter l'EP ''The Fall Of Man'' datant à l'origine de 2009 et laissé non terminé pour cause de soucis techniques et personnels. Noctiz s'est entouré du batteur Svein (Lugubrum) et c'est ainsi que ''The Fall Of Man'' est devenu ''Sade'', hommage au marquis du même nom et sujet de notre chronique. Le groupe est complété par le producteur PJ Turlinckx, chez qui l'album a été enregistré et Jérémy Bézier s'est occupé du mastering.

Dès le premier titre, 'SADE I - Introduction To The Divine Marquis', le son saute aux oreilles (pour ainsi dire), manquant quelque peu de densité. Les échos sont nombreux et donne un côté très atmosphérique, ce qui gâche un peu l'immersion dans l'univers de Paragon Impure. Nous sommes sur un album de Black Metal traditionnel, traitant d'un thème ô combien subversif et la qualité sonore ne reflète pas cette décadence et cette noirceur, ce qui est assez dommage.

Néanmoins, la musique servie est de bonne qualité, très incisive ('SADE IV - 'Repentance Of A Dying Libertine', 'SADE VI - The Final Passion, Or Passion Of Hell'), avec quelques petits côtés rappelant Satyricon ('SADE I - Introduction To The Divine Marquis', 'SADE V - Philosophy In The Bedroom') qui donnent un côté riche et opulent aux titres. Mais la longueur des morceaux est telle que l'écoute devient laborieuse, malgré quelques bonnes idées comme les interludes bien intenses et rythmés à la fin de 'SADE II - Juliette, Queen Of Vice', mais qui sont répétées et usées jusqu'à la corde sur près de 10 minutes. Si l'on ajoute à cela un manque de cohésion au sein d'un même morceau, le résultat est une grosse difficulté à suivre le propos des belges. Même le morceau final ('SADE VI') ne vient pas clore en beauté cet album, ce qui est vraiment dommage. Le titre s'arrête à quelques minutes de la fin, pour repartir de plus belle, cassant complètement le rythme et laissant l'auditeur complètement paumé au milieu.

La voix est tout de même excellente, dans un registre relativement grave pour du black traditionnel, mais servant bien ce registre malsain et noir. Notons également l'utilisation de samples sur plusieurs morceaux ('SADE II', 'SADE IV', 'SADE V'), mais qui ne viennent pas pour autant apporter une qualité supplémentaire à l'ensemble.

Un morceau sort tout de même du lot, 'SADE IV - Repentance Of A Dying Libertine' et ses riffs rapides et répétitifs qui laissent bien transparaitre tout la malfaisance voulue par le groupe, très timide depuis le début. La batterie est efficace et rapide, enchaînant blast beats et le chants est impeccable, plus discret sur la seconde partie qui fait la part belle à des samples de voix.

Malgré les quelques passages malfaisants ('SADE III - Mors In Excelsis Deo') et brutaux ('SADE V - Philosophy In The Bedroom'), ''Sade'' ne se démarque pas des productions actuelles en Black Metal, contrairement à d'autres (notamment Rituals Of The Dead Hand, chroniqué il y a une semaine). Le rendu global est assez plat et la longueur interminable de la plupart des titres rend l'écoute laborieuse, ce qui est dommage car la qualité musicale est bien présente. La malfaisance manque cruellement, surtout sur un album traitant du Marquis de Sade et mis à part 'SADE IV', le tout est assez redondant, très (trop) brouillon et pas d'une folle originalité.