Serait-ce la flûte de Ian Anderson que l’on entend ?... Le groupe Jethro Tull est de retour avec leur 23e album studio : ‘’Rökflöte’’, et démontre une fois de plus son talent pour la fusion de différents styles musicaux !
Même si on ne les présente plus, il convient de rappeler à qui nous avons affaire : Jethro Tull est un groupe de rock progressif britannique qui a été fondé en 1967 par le chanteur et flûtiste Ian Anderson. Le groupe est connu pour son mélange unique de rock, de folk et de musique classique, ainsi que pour les performances impressionnantes d'Anderson sur la flûte traversière. Au fil des ans, Jethro Tull a sorti plusieurs albums à succès, notamment ‘’Aqualung’’ et ‘’Thick as a Brick’’.
L'album s'ouvre sur un morceau aux sonorités nordiques : de la flûte, de fortes respirations, et le monologue d'une femme récitant le poème Völuspá, l'histoire d'une prophétesse prédisant le destin du monde au dieu Odin. Le titre de ce morceau : ‘Völuspo’, une déformation du nom du poème... Nous trouvons dans ce vieux poème nordique la mention de ‘Ginnungagap’, un gouffre sans fond de la mythologie nordique, qui se trouve être le nom du second titre de cet album. L'ambiance et le ton de l'album sont donnés, les dieux du Grand Nord sont la principale inspiration de ce nouvel album et de ses 13 morceaux ! Après ‘The Zealot Gene’, leur précédent album sorti en 2022 ayant pour inspiration les versets de la bible, place au paganisme.
L'album alterne entre des passages chantés et parlés, des sonorités celtes et nordiques, le tout baignant dans un rock progressif nous rappelant celui des années 70.
Le Titre ‘Allfather’ (déformation de Aldaföðr) faisant référence au dieu Odin, nous propose des envolés orchestrales de guitarisitques, mêlées à la virtuosité de Anderson à la flûte et nous montre qu’il n’a rien perdu de sa superbe. ‘The Feathered Consort’ nous offre quelque chose de plus folk, caractérisé par le synthé de John O'Hara et donne une dimension symphonique au morceau .
Une mention spéciale personnelle pour ‘Trickster’, dont le mélange d’accordéon et de flûte n'est pas sans rappeler les harmonies et rythmes d'Irlande.
Le nouveau guitariste du groupe Joe Parrish-James nous offre une performance tout aussi qualitative que son Prédécesseur, Florian Opahle, dans le précédent album du groupe. Il relève parfaitement le challenge, notamment à travers les titres ‘Wolf Unchained’ et ‘The Navigator’.
‘Guardian's Watch’ est assez intéressant, le titre s'ouvre telle une balade médiévale champêtre, quand soudain : une rupture ! Le métal reprend le dessus, la guitare de Parrish-James résonne. Le mélange caractéristique de rock et de folk est toujours présent, mais cette fois-ci, ils nous offrent des contrastes et des ruptures de tons audacieux, créant un son original et expérimental.
L'album se finit dans le même esprit que le titre avec lequel il a commencé : un son de flûte persistant, de fortes respirations, le poème Völuspá se conclut, cette belle exploration des mythologies du grand Nord s'achève.
Sorti à peine 15 mois après leur dernier album "biblique", ‘RökFlöte’ est un album qui ravira les fans de longue date de Jethro Tull, tout en séduisant de nouveaux auditeurs avec sa combinaison audacieuse et habile de hard rock, pastoral folk et de motifs classiques. Pour une durée de 49 minutes, avec des morceaux oscillants entre 3 et 5 minutes, cette plongée dans la mythologie nordique et son mélange habile des genres démontrent sans aucun doute un retour en force pour le groupe. Avec ce nouvel opus, le groupe Jethro Tull montre qu'il est toujours capable de produire de la musique inspirée et originale, confirmant ainsi sa place dans le panthéon du rock progressif.