« Rise » est un album certes pas mal mais qui n'exploite pas assez son potentiel : les chanteuses se laissent trop souvent écraser par l'instru, le rythme reste souvent répétitif.
Two Of A Kind est un groupe qu'on aurait eu du mal à confondre avec un autre, tant la musique qu'ils font est différente. C'est du rock mélodique doté d'une dimension nostalgique, peu présent sur la scène rock actuelle. Le line-up du groupe est plus que complet : deux chanteuses, Esther Brouns et Anita Craenmehr, sont accompagnées par Gesuino Derosas à la guitare, Hans in't Zandt (également batteur chez Praying Mantis), et Ron Hendrix au clavier. Fidèle depuis leur début aux Frontiers Records, le groupe signe, chez le label, un nouvel opus, « Rise », sorti le 13 juillet 2018.
« Here Is The Now » est le titre-phare de l'album : un rythme engagé allié à une dimension fantaisiste proche des années 1980, et le vocal d'Esther Brouns et d'Anita Craenmehr n'en fait pas moins. C'est un hymne électronique (et électrique) au moment présent, où le vocal est à la hauteur de la compo instrumentale. « Rise » est fait dans la même veine, le rythme déchaîné dès le début, même si le vocal est ici quelque peu perdu derrière la compo, et le rythme est clairement moins surprenant : on sent malgré tout que les deux chanteuses font tout leur possible, et le pont est pas mal du tout. Une compo plus intéressante pour « Rock Your World », un véritable morceau rock tel qu'il était fait avant. Gesuino Derosas est excellent à la guitare, tout comme Hans in't Zandt l'est à la batterie, le rythme évolue tout au long du titre, le vocal est ici parfaitement réussi, un titre qui ose.
« Naked » change de registre : un titre acoustique, duo intimiste vocal/guitare qui nous donne envie d'en entendre plus. C'est posé, mélodique et enchanteur, les instruments comme le vocal se démontrent capables de cette ambiance plus calme mais tout aussi efficace et savamment orchestré. « Alienation » débute comme une ballade, c'est le vocal qui guide ce morceau. Esther Brouns et Anita Craenmehr sont mélodiques au possible, le rythme est ralenti, la guitare est quasi-douce. « Touch The Roof » y met fin : la guitare et la batterie sont au maximum, le vocal joue avec ce rythme mais est tout aussi rock. On se retrouve dans une ambiance carrément dark, dans un esprit très « we rock your world » qui est presque une prétention grunge. C'est courageux et joli, mais un peu lassant à la longue.
« It Ain't Over » retrouve le rythme électronique déjà entendu dans « Here Is The Now », accompagné par un vocal intéressant qui joue le jeu de cette ambiance qui se veut électrique. Défi relevé, grâce au vocal mais aussi à l'efficacité de la batterie, et au juste dosage de la guitare, tout cela sauve le titre d'un rythme un peu répétitif par moments. « Higher » propose une compo originale tou à la base, avec le vocal au premier plan qui sait ici s'allier avec l'instru plutôt que de se laisser envahir par celle-ci (même si on a encore cette impression durant le refrain). « Wheel Of Life » engage dès l'intro : un morceau éclectique, qui part un peu dans tous les sens au point où on a du mal à cerner le rythme. Un titre qui aurait pu être réussi, mais qui finit par sonner plat et répétitif, tout en s'améliorant vers la fin.
« Without You » réhabilite le vocal d'Esther Brouns et d'Anita Craehmer. C'est un titre qui sonne d'une façon nouvelle et originale, commençant en douceur tout en imposant son rythme par la suite. La composition est bien orchestrée, mélodique et jolie, quelque peu blues par moments : on est dans le juste milieu qui semble le plus convenir aux chanteuses. Le titre qui clôt l'album, « Run Girl » est, là encore, menée par le vocal qui s'impose aux instruments, mais c'est pour le mieux. Le résultat final est franchement pas mal : les deux chanteuses s'allient enfin pour un son mélodique, et créent une ambiance digne d'un live acoustique.
« Rise » est un album certes pas mal mais qui n'exploite pas assez son potentiel : les chanteuses se laissent trop souvent écraser par l'instru, le rythme reste souvent répétitif. L'édifice est sauvé par le duo guitare/ batterie plutôt réussi, et pas des titres tels que « Here Is The Now » et « Without You », qui démontrent toutes les capacités du groupe.