Dès qu’il s’agit de parler de la Grèce, on se met d’emblée en tête les clichés du genre feta, sirtaki, moussaka, ouzo et Nikos Aliagas.
Nonobstant, la confédération hellénique se distingue également par sa production musicale. On mettra évidemment hors-jeu Nana Mouskouri et Demis Roussos, car évoluant dans une division dont le propos de United Rock Nation n’est d’en étudier ni le contenu ni l’évolution, convenons-en.
Pour le lecteur, la péninsule et ses chapelets d’îles évoqueraient plutôt les heavy-metalleux de FIREWIND, ou dans un contexte un tantinet plus extrême, les blackeux de SEPTICFLESH ou encore ROTTING CHRIST.
Mais au regard du climat, nos amis grecs sont également capables de jolies choses pour ce qui est des musiques fuzzées. Preuve en est la montée en puissance de 1000MODS, dont le groove hypnotique et aride fait actuellement le buzz.
Une autre formation fait actuellement parler d’elle avec son (déjà) huitième album. Le fait est que NIGHTSTALKER roule sa bosse depuis 1989 (ce qui, il faut bien le dire, ne nous rajeunit pas), mais restait jusqu’à présent plutôt confidentiel. La sortie chez Heavy Psych Records de cette dernière saillie nous donne l’occasion de nous pencher sur la production du quatuor.
L’on est d’emblée frappé par la voix du leader Argy Galiatsatos, qui rappelle furieusement le Ozzy des débuts de Black Sabbath : un tantinet nasillarde, aux lignes plutôt monocordes et flirtant sans cesse avec le haut de la tessiture du gazier.
Côté ambiance, psychédélisme 70’s et lourdeur stoner sont les deux mamelles de nos harceleurs nocturnes. Les basses sont grasses à souhait, les fuzz plus bourdonnantes qu’un essaim de frelons…
C’est parfois bien speed (l’introductif « Dust »), parfois plus pesant et doom (« Heavy Trippin ») ou bien sautillant (« Uncut »). Enfin, on vient taquiner de la ballade nimbée d’Uni-vibe (« Shipwrecked Powder Monkey ») ou de l’incantation dépouillée (« Shallow Grave »).
Ceci dit, même si l’idiome Stoner/Heavy psyché 70’s n’incite pas à l’originalité, l’actualité musicale locale nous a montré qu’il est possible de sortir des sentiers balisés de Joshua Tree (le désert californien, hein…pas l’album de U2) pour secouer le cocotier de la scène ( SLOMOSA, any comment ? )
Force est de constater qu’on n’en est pas à ce point avec nos amis grecs. Attention, n’allez pas mal interpréter le propos exposé en ces lignes : la musique de Nightstalker est loin d’être fadasse, et incite plus que de raison à faire onduler la chevelure savamment entretenue de tout bon stonerhead…simplement, une fois l’écoute terminée, bien qu’habité d’un sentiment de contentement fort agréable, manque toutefois l’étincelle du « Waouh ! » révélatrice d’un disque pépital.
Pour apprécier le sel de cet album, il ne faudra donc pas attendre plus qu’une galette délivrant une bonne dose de gros son fuzzé et de groove teinté d’inflexions bluesy. C’est plaisant, sympa, et c’est parfait pour la bande-son d’une fin d’après-midi sur une terrasse à Santorin, allongé pépouze à siroter l’apéro.