Avec ce RES 9, Rik Emmett et ses RESolution 9, nous offrent un fantastique album diversifié, véritable patchwork musical de très haut niveau et empli de positivité.
Samedi 15 octobre, j’attends patiemment mon grand garçon à la gare de Namur.
Mon I-Phone vibre, c’ets un message de Marc, notre adoré Boss de United Rock Nations.
Il m’envoie ma petite liste de devoirs et souhaite qu’une priorité soit accordée à la chronique de Rik Emmett, vu l’imminence de la parution de l’album.
Je ne vous dis pas le ressenti à ce moment précis : « Rik Emmett », non, le titan du Rock Hard Canadien ? Je mesure d’emblée l’immense honneur que mon Boss me fait là.
Qui suis-je pour chroniquer ce géant de la scène ?
Je n’ai que tout mon amour du métal et en particulier des sous-genres extrêmes pour oser aborder cette star. Mais je relève le défi car je mesure là l’ampleur du challenge.
Les connaisseurs pourront sourire, ceux qui n’ont jamais entendu parler de ce « Mestre », c’est par ici la rapide visite guidée pour vous permettre, ne fût-ce que la création d’une once d’idée sur la légende vivante dont nous parlerons ensemble.
Retournons dans les années 70, Rick Emmett jouait de la guitare dans un petit groupe de Toronto « Act III ». Il avait déjà une petite griffe de rock progressif qui était assez avantgardiste à l’époque.
C’est en 1975 que Rick va démarrer une fabuleuse carrière au sein du groupe « Triumph » en tant que guitariste et chanteur (Bon sang, j’avais 5 ans !) avec ses comparses, Mike Levine, bassiste et claviériste ainsi que Gil Moore, batteur et percussionniste. Sur une erreur d’impression du line-up, Rick devient Rik, perdant son petit « c » qu’il serait trop onéreux de retrouver. La presse spécialisée sera assez déstabilisée face au résultat, mais dans le sens péjoratif du terme. « Un groupe sans visage » dira-t-on » car le progressif mélangé au heavy métal ce n’était pas encore « in ». Ils ne le savaient pas encore à cette époque mais 10 albums seront créés dont certains deviendront 9 fois «Disque de Platine » et d’autres 18 fois « disques d’or ».
En 1981, il est désigné meilleur guitariste dans un sondage national.
En 1987, Rik participe comme musicien sur l’album de la chanteuse Canadienne, Lee Aron.
En 1988, Rik s’en va tenter l’aventure d’une carrière solo et mène parallèlement d’autres projets. A l’époque, il est reconnu comme étant un guitariste virtuose, maniant avec brio le manche dans des styles bien différents (Rock, Blues, Jazz, Classique, Flamenco,…). Sans compter les best of et albums Live, depuis « Absolutely » sorti en 1990, je recense 11 albums dans sa carrière solo et des expérimentations dans le blues, le jazz, la fusion et le swing. Rik couvre une période s’étalant jusque 2012, année de la sortie de son dernier opus en solo.
De 2006 à 2011, notre cher Rik sévit au sein de Strung-Out Troubadours avec Dave Dunlop, guitariste chanteur Canadien et composent en duo, une sorte de musique semi-acoustique. Et 4 albums de plus dans la riche carrière de Rik.
Si l’on dit toujours que le don d’ubiquité n’existe pas, Rik nous fait mentir, car en 2007, il joue aussi avec l’anglais, Michael Shotton, formant « Airtime » et sortant un album de rock progressif. Cette même année, le Rik rejoint ses collègues de Triumph pour pouvoir être intronisés au Canadian Music Industry Hall of Fame. En 2008, sans doute retrouvant ses sensations auprès de ses compères, Triumph s’en va en tournée pour quelques dates en Suède et aux USA.
Insatiable, Rik rentre dans un trio avec Pavlo et Oscar Lopez pour former « P.R.O. », ou le trio de guitare acoustique. L’album « Trifecta » sort en 2009 qui deviendra l’année suivante, l’album instrumental de l’année.
Nous mesurons là l’étendue de la carrière du bougre qui se ponctue par un professorat dans la musique à la faculté Humber Collège.
Nous voici en 2016 avec un tout nouveau projet. Rik crée un autre groupe, RES 9 gestion et là, je reconnais le petit clin d’œil à l’album réalisé avec Messire Dunlop dans « Strung-Out Troubadours » en 2011, « reCOVERy room 9 ».
C’est bien Dave qui prend le manche de la seconde guitare, Steve Skingley à la basse et Paul Delong à la batterie.
Rik est parti se reconnecter à ses racines pour composer son œuvre, allant au MetalWorks Studios de Mississauga (Ville des débuts de « Triumph »).
Rik Emmett, à travers ce nouvel album, a constitué une sorte de patchwork de sa longue carrière musicale, nous présentant un bilan philosophique à travers des questions de sens quant à ce parcours créatif.
Rik semble s’être cherché dès le départ dans le monde de la musique. Qui est-il ? Pourquoi fait-il ce qu’il fait ?
Si la réponse qui nous vient à l’esprit semble claire : « En fait, Rik, tu es juste un guitariste légendaire », ce qui l’est encore plus, c’est que Rik n’a jamais versé dans l’ego surdimenssionné, estimant que pour produire une belle œuvre, il faut aussi savoir s’entouer d’amis et délivrer un gros travail dans un très bon climat où tout le monde est assez heureux.
Mais assez palabré, l’heure est à la dégustation de ce nouveau nectar.
Nous démarrons sur « Stand Still », véritable pépite de Blues Rock au chant légèrement raillé. C’est prenant. Je vois passer les paysages grandioses des States, ce qu’il me reste de cheveux au vent. Le refrain est bien entraînant. Quelques petits gémissements guitaristiques viennent ponctuer la rythmique de base. C’est tout frais. Un très beau moment musical.
La seconde piste « Human Race » qui nous fait l’honneur d’accueillir le génial guitariste Canadien, Alex Lifeson, fondateur de Rush, nous emmène dans une dimension plus typée Rock, plus soutenue, avec un riffing savoureux. Le chant prend plus la direction d’un Bon Jovi cette fois (Non péjoratif dans ma plume informatique). Sur ce morceau, dans les paroles, Rik nous communique véritablement sa joie d’être toujours là et toujours pareil à lui-même. La notion de fraternité rayonne dans l’ambiance du morceau.
Le troisième morceau «I Sing » me touche directement dans son registre de tendresse Slow Rock, on y trouve le génial chanteur Canadien de Dream Theater « James Labrie ». Rhhho ce chant en duo renforce l’effet de profondeur tout en étant parfaitement pausé, doux, la musicalité y est bien dosée. Le morceau nous apparaît simple mais possède une puissance magistrale. C’est efficient.
« My Cathedral » poursuit dans ce bel élan de romantisme, nous touchant aussi tant le chant y brille, appuyé par quelques chœurs délicieux. On retrouve un peu un esprit afroricain dans la trame, l’esprit du gospel sans forcément s’inscrire strictement dans le registre. Ce jeu d’orgue donne de l’altitude au refrain. Ce morceau est exceptionnel.
S’ensuit « The Ghost of Shadow Town », riche en âme rock bluesy, le chant est habité, la rythmique est fluide. Ca sonne le revival de classe. La montée en puissance à 2 minutes 44’ est prégnante. Là aussi on retrouve une bien solide efficacité dans la composition.
Sur « When You Were My Baby », nous plongeons dans un jazz funk soul de très haute volée. Pour preuve, c’est viscéral chez moi, le jazz me rend malade, j’attrape la nausée. Heureusement pour moi, je tiens le coup grâce aux riffs diaboliques qui donnent une dimension à la Jimi Hendrix, métalisant le tout.
Le 7ème titre, « Sweet Tooth » nous apparaît plus abordable, plus joyeux, plus Rock popisé dans une aire standardisée. C’est bref, limpide, on va à l’essentiel.
« Heads Up », bien qu’aussi court que son prédécesseur m’amène plus de sensations car nettement plus orienté Rock mélodique. Le riffing est très agréable. Le chant prend une toute autre modulation. C’est un vrai régal.
9ème piste, « Rest of My Life »poursuit ce chemin de la modernité et reste dans un bel entrain rythmique. Nous sommes ici dans un chant plus classico-progressif et ça fait du bien. Le jeu de basse offre un groove assez sympathique. C’est clairement un des plus beaux morceaux de l’album.
Sur « End of the Line », nous retrouvons Alex Lifeson et James LaBrie qui par leur contribution vont véritablement apporter une dimension surréaliste au fond musical. C’est un véritable hit, ça secoue les tripes. Les riffs sont grandioses et explosent à la 5ème minute du morceau. Même Paul Delong s’en donne à cœur joie à la batterie. Ca pète, ça swingue. C’est un régal qui fuse aussi dans des parties progressives. Je crois que se trouve là, la tuerie de cet album.
Le rêve touche à sa fin, voià déjà que « Grand Parade » démarre et là, c’est un véritable moment enchanteur qui s’offre à nous car Rik retrouve ses comparses de « Triumph », Gil Moore et Mike Levine. Le morceau est calme, profond, on sent l’osmose entre ces grands hommes. Je revois des sensations similaires à Simply Red lors de son apogée ; autant vous dire la restitution d’une douce quiétude. C’est un final apothéotique autour de cette volonté de retracer une plantureuse carrière.
Revenons sur terre, cet album m’a vraiment apporté de bons moments alors que pourtant, je ne suis point spécialisé dans ce sous-genre.
Je ne puis donc me dire qu’une seule chose : « Ceux qui écoutent du rock, du blues, de la soul, du Hard FM, ne peuvent qu’être impactés et séduits, tant le tout est fluide, limpide et respire la vie ».
Rik Emmett reste avant toute chose, un excellent artiste alimentant la musique elle-même de toute sa positivité. Par-delà ce profond constat, Rik reste plus que jamais un acteur et militant de la véritable « reliance » humaine, ce qui soutient constamment sa véritable soif de vivre.
Avec ce RES 9, Rik Emmett et ses RESolution 9, nous offrent un fantastique album diversifié, véritable patchwork musical de très haut niveau et empli de positivité.