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Rat Trap

Enora
Journaliste

FAS IV

\'\'Rat Trap\'\', un album qui permet à FAS VI de repousser les limites de la composition tout en restant sur une base appréciée de tous
12 titres
Hard Rock
Durée : 40
Sorti le 26/10/2016
4066 vues

Rien ne prédestinait les quatre musiciens de FAS IV à travailler ensemble. Lorsque Frank Abreau Salazar IV (chant/guitare) et Miles Delaco (basse) commencent sous le nom d'Illusions Of Self, mais changent peu après pour Strange Hotel après l'arrivée de Tim Aristil (batterie) et de Sean Reilly (guitare) ainsi que leur premier album. Ils changent alors à nouveau de nom après avoir ouvert pour les légendaires Boston, et sortent Rat Trap, leur deuxième album. Annoncés comme les concurrents de Jack White à la sauce 80's, voyons ce que les américains sont capables de faire !

“Witchcraft”, le premier titre, est un condensé de Rock, Blues et de claviers qui viennent adoucir le tout. La voix de Frank Abreau monopolise toute l'attention avec un vibrato exceptionnel, mais la rythmique proposée par les membres est également très solide. Un très bon début, mais “Double Life” s'apparente plus à une composition qui alterne entre Pop-Rock et Indie Rock. Heureusement, le refrain parvient à redynamiser le mélange, qui cède rapidement sa place à “Dead In My Tracks”. A mi-chemin entre la Country, les Beatles et un Hard FM basé sur les harmoniques, le titre séduira probablement les amateurs du genre, mais me laisse de marbre, probablement à cause de ses nombreux changements d'ambiance. Une petite ballade avec “Everybody Knows”, plutôt dansante et relaxante, et le groupe enchaîne sur “Rat Trap”, le titre éponyme. La voix de Frank fera des miracles sur une rythmique menée par une basse très énergique et qui ne prend aucun répit. Ce titre, capable de nous emporter très loin, aurait pu durer un peu plus, mais “All The World Is A Strange Hotel” prend le relais. Et sans parvenir à l'identifier, ce titre m'a fait penser à un autre, beaucoup plus ancien, et ce dès le début.

“Voices”, la nouvelle ballade accompagnée de piano, fait prendre au groupe un tournant émotionnel, qui est merveilleusement bien géré par la voix. Alors qu'elle s'annonçait plutôt bien, “Tightrope” ne parvient pas à décoller, ce qui devient progressivement lassant malgré l'atmosphère particulière du titre, et il ne faudra pas compter sur “Mind's Eye” pour remonter réellement le niveau. J'ai l'impression que cette composition se repose un peu trop sur la voix de son chanteur. Si “Police” est très entraînante dès les premières notes, la voix lointaine peut rebuter de part son étrangeté, mais une fois que le refrain arrive, la plupart des sceptiques sont conquis. Une fois encore, le groupe fait dans le simple mais accrocheur avec “Drive” et sa batterie survoltée, mais le refrain qui ralentit le tout fera perdre sa vigueur au titre, le rendant plutôt quelconque, voir étrange, alors qu'”I'm On Drugs”, le dernier morceau, est fidèle à ce que l'on attend de lui : près de trois minutes de pure folie, avec quelques accents psychédéliques et des hurlements déjantés de la part de Frank.

Un peu trop inégal sur certains passages, “Rat Trap” n'est clairement pas un mauvais album, bien au contraire. Les membres de FAS IV sont visiblement décidés à explorer toutes les facette du Rock, et ils veulent nous le faire savoir. Leur maîtrise de leurs instruments leur permet de repousser les limites de la composition tout en restant sur une base appréciée de tous. A confirmer avec l'album suivant.