Fondé en 2017 par le guitariste El Pradosaure, Muertissima est une formation francilienne pratiquant un death metal véloce et lourd, dans la lignée des glorieux ainés américains, Suffocation et Morbid Angel en tête.
Après un premier long en 2021 et une participation à la compilation ''Death Opiatum'' l’année suivante, le quatuor nous revient avec sa nouvelle offrande, un ''Prophecy'' qui promet son lot de violence sonore.
'King Of Maleficence' met d’entrée de jeu les poings sur les ‘’i’’ (et dans la mâchoire) avec son riffing puissant, ses parties blastées et ses breaks écrasants. Dynamique et accrocheur, voici un excellent opener, suivi de près par le féroce 'I Sleep With Demons', très old-school dans la démarche et doté d’une mise en son sous stéroïdes.
Désireux d’élargir leur propos, les Parisiens n’hésitent pas à aller piocher dans les styles voisins. 'The Rain', à l’ambiance aussi lourde qu’un orage tropical, flirte avec le black metal en son mitan. 'V.I.L Is For Vile Hate' s’en va quant à lui chasser sur les terres de Napalm Death avec ce côté froid et industriel cher aux Anglais depuis ''Smear Campaign''.
'From Undead To Oblivion' joue l’ambiance cinématographique dans sa première moitié, avant de bifurquer vers un death aussi dévastateur qu’une campagne d’Attila et ses Huns.
Pour ce second long, le groupe n’a pas hésité à piocher dans son carnet d’adresse pour quelques featuring forts bienvenus.
Sur 'Rich Bitch', le chant caverneux de Kevin apporte un contrepoint intéressant aux vocalises plus aigües de Simon ‘’Gevaudan’’ Perrin.
L’intenable El Termito fait briller un rayon de soleil mexicain sur l’ultra dynamique 'Locura', qui n’est pas sans rappeler les joyeux drilles de Black Bomb A. A ce titre, il est fortement conseillé de jeter un œil (voire les deux) sur le clip vidéo tourné pour l’occasion.
Erroiak vient apporter une touche de douceur mélancolique sur le piano/voix 'Echoes Of Attenbourough'. Cet instrumental, qui permet à l’auditeur de récupérer entre deux furies métalliques, se pare en outre d’un long sample vocal de l’écrivain aventurier.
Enfin, que dire de ce magnifique duo entre Lionel Cano Munoz (Impureza) et Delora Singer, sur le conclusif 'Pachacamac', apothéose d’une cuvée 2026 qui restera dans les annales. Rencontre improbable entre musique flamenco, western Zapata et chant de sirène irrésistible, cette longue pièce est une invitation au voyage et à l’introspection, un véritable retour au calme après ce déluge de décibels.
Compositions de qualité et interprétation solide font de ce ''Prophecy'' un grand cru, augurant du meilleur pour la suite. Chapeau bas Messieurs, c’est mérité.