« Phenomankind » a une classe des plus singulières, son Black / Death à la limite du cosmique ravira totalement les amateurs de sensations fortes et ne manquera pas d'intriguer les plus curieux
Quand deux ex-membres d'Insain et le chanteur d'Orakle s'associent dans un nouveau projet orienté Black / Death, ça soulève inévitablement la curiosité. A bien des égards d'ailleurs puisque les trois gaillards sont connus et reconnus pour être des musiciens non seulement chevronnés mais aussi très créatifs. Cette collaboration porte le nom de Cor Serpentii et sort cet automne son premier album, le nommé « Phenomankind » qui puise sa source et son inspiration dans des domaines qui n'ont rien de franchement joyeux. Focus sur ce qui pourrait être l'une des grandes surprises de cette fin d'année dans le paysage métallique français.
Avec « Phenomankind » Cor Serpentii s'est lancé un sacré défi : créer un Black / Death inspiré par la science-fiction et notamment du monumental Philip. K. Dick avec pour trame de fond une musique à la croisée du brutal, du complexe et du progressif. Ce défi aurait pu vite tourner au flop mais quand on connait un peu les musiciens qui composent le groupe, on sait qu'on peut s'attendre à du génial, et c'est effectivement le cas. « Phenomankind » c'est 10 titres, 48 minutes de Metal de haute volées, mixées et masterisées par Frédéric Gervais en personne au Studio Henosis (Orakle, Glorior Belli, Acyl, Moonreich, Elyose, etc.) pour un résultat des plus épatants où se côtoie la fureur du Death ('Retrieval'), la grandeur du Sympho Black ('A Closer Signal') et la complexité du Prog ('Theomachia') dans une fluidité effarante. Cor Serpentii dispose d'un éventail ultra large autant dans les influences que dans l'exécution qui lui permet de rendre sa musique abordable tout en y décelant des touches techniques complètement folles. Parfait exemple avec le très épique 'Waves of Wrath' qui mêle toutes les influences citées plus haut pour un titre qui frise l'excellence autant musicalement que sur les plans vocaux. Parfois proche d'Emperor, Arcturus ou même Ihsahn, Cor Serpentii délivre son Black / Death avec une aisance rare qui permet à l'auditeur de ne jamais se sentir dépassé par ce qu'il écoute, ce qui est malheureusement le cas quand les dosages sont foirés. Autre grand moment de « Phenomankind », le terrible 'Reversed Evolution' où Frédéric Gervais fait admirer sa palette vocale en passant naturellement d'un growl agressif à un chant clair des plus justes, un titre fou qui met en exergue la capacité de Cor Serpentii à brasser large dans ses influences et d'en resortir le meilleur.
On pourrait continuer longtemps à détailler « Phenomankind », sauf qu'il est le genre d'album qui s'écoute pour pouvoir réellement se faire un idée. Certains le trouveront peut-être un poil complexe, d'autres y verront du moins bon dans le chant clair, mais ce qui est sûr, c'est qu'on ne pourra pas enlever à Cor Serpentii d'y avoir mis tout son savoir-faire. Si ça ne passe pas à la première écoute, tentez à nouveau, voici le seul conseil que nous nous permettrons de vous donner.
L'année se termine et Cor Serpentii balance un sacré parpaing qui pourrait bien bouleverser les classements qui s'établissent. « Phenomankind » a une classe des plus singulières, son Black / Death à la limite du cosmique ravira totalement les amateurs de sensations fortes et ne manquera pas d'intriguer les plus curieux et ouvert d'esprit. L'expérience se tente, elle pourrait s'avérer concluante pour beaucoup.