Il y a de ces albums qui s’adressent directement au corps plutôt qu’à l’esprit. Et le troisième opus du duo nantais Birds of Nazca en fait partie. A tel point qu’il est difficile de restituer l’expérience vécue à l’écoute de « Pangaea ».
Chaque plage est ainsi nommée d’après un lieu particulier de notre planète, balayant ainsi – à peu près - cinq continents, et qui attestent de l’activité géologique de notre bonne vieille terre…ou des conséquences de l’activité humaine sur sa surface. Le disque est conclu par une pièce en deux parties qui évoque la dislocation de la Pangée (d’où le nom de l’album), soit le continent unique qui s’était formé à l’époque du Carbonifère (cherche pas, personne n’était né !) et qui regroupait toutes les terres émergées.
La sémantique utilisée pour nommer la musique des nantais tombe fort-à-propos pour restituer la puissance sonore de l’œuvre : l’album expose sept pistes qui, chacune à leur façon, vont vous attraper avec un son puissant, massif, évoquant l’énergie tellurique qui anime notre globe terrestre. La fuzz est pantagruélique, gavée de basses grumeleuses dont on ressent physiquement la texture. En contraste, un son clair noyé de réverbération repousse les murs étriqués de votre quotidien pour vous faire ressentir l’immensité et la majesté de certains espaces continentaux.
L’écriture est plutôt monotonale (un seul accord) et Birds of Nazca réussit le tour de force de construire des pièces qui évitent malgré tout la lassitude. En travaillant ses riffs pour les faire subtilement évoluer au fil des morceaux, le duo nous emmène très loin, provoquant ainsi une transe chez l’auditeur. On se surprend à lâcher un « WAOW ! » de contentement, mais également de frustration, tant l’album crée l’envie d’y retourner sitôt le dernier son sorti des enceintes.
C’est une véritable expérience sonore, intense et organique, que nous propose Birds of Nazca. On en redemande de suite, au risque de ne plus rien écouter d’autre pendant quelques semaines. C’est addictif au possible, jamais lassant. Bref : IN-DIS-PEN-SA-BLE !!!