Les disques collaboratifs entre des orchestres symphoniques et des groupes de metal sont nombreux (Kiss, Scorpions, Deep Purple, Metallica, Paradise Lost, Alter Bridge, …). En cette fin 2025, Moonspell ajoute son nom à cette liste non exhaustive avec ce présent « Opus Diabolicum ».
Cette « œuvre diabolique » est en fait la captation audio et vidéo d’un concert donné le 26 octobre 2024 par le quintette au MEO Arena de Lisbonne, accompagné par l’Orquestra Sinfonietta de Lisboa. L’ouverture s’opère avec une piste instrumentale inédite ('Tungstennio') seulement jouée par l’ensemble symphonique dirigé par le maestro Vasco Pearce de Azevedo. Les quatorze autres chansons de la setlist couvre pas moins de huit des treize galettes studio publiées par la formation originaire d'Amadora. Étonnement, rien n’est issu du dernier skeud en date « Hermitage » (2021).
C’est le « 1755 » (concept-album sur le tremblement de terre qui frappa la capitale portugaise ladite année) qui est le plus représenté avec quatre titres. Le restant puise une ou deux compos dans « Wolfheart », « Irreligious », « The Antidote », « Memorial », « Night Eternal », « Alpha Noir » et « Extinct ». Soutenus par la quarantaine d’instrumentistes et les chœurs de l’orchestre, le vocaliste Fernando Ribeiro et ses partenaires revisitent ici leurs compositions d’ordinaires gothico dark metal avec des arrangements orchestraux.
La puissance et la lourdeur « metal » rencontre l'ampleur du classique ('Everything Invaded', 'Scorpion Flower', 'Alma Mater', 'Fullmoon Madness'). Outre de renforcer l’ambiance dramatique durant tout le show, l’ajout de cuivres et de cordes donne une nouvelle vie aux morceaux retravaillés. L’instrumentation metal a même parfois été totalement retirée pour une alliance unique entre l’orchestre au complet (bien mis en avant) et le chanteur seul ('Em Nome do Medo', 'Vampiria').
Qu’importe si certains pourtant incontournables du combo sont absents (on pense à 'Opium' par exemple), on se laisse emporter (comme les 20 000 personnes amassées ce soir-là) par cette performance aussi intense que profonde. Trouvant intelligemment son équilibre entre passages épiques grandiloquents et parties plus sombres, cet « Opus Diabolicum » de Moonspell est un témoignage Live rare que tout fan se doit d’acquérir.