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One

Blood Potatoe
Journaliste

Sevendust

''One'', quinzième réalisation des Américains Sevendust s’avère un album solide, puissant et toujours aussi mélodique.
10 titres
Metal / Heavy / Death
Durée : 40
Sorti le 01/05/2026
41 vues
Sevendust est au nü metal ce que John Carpenter est au cinéma : un excellent artisan dans son domaine mais qui n’a jamais eu le loisir d’accéder à la A-list. Formé en 1994, le combo d’Atlanta ne s’est jamais montré avare en productions vinyliques et scéniques, sillonnant les routes en support des nombreux albums que compte sa discographie. Probablement pas assez néo, rap, émo ou brutal, il s’est contenté du second cercle aux côtés des Staind, Saliva et autres Drowning Pool. N’y voyez pas là un gage de médiocrité, les Américains ayant toujours sorti des opus de qualité.
Mais à l’instar de Big John, le quintette s’est forgé une fan-base solide et fidèle, dont le soutien indéfectible a permis aux Géorgiens de traverser trois décennies avec assurance.
Trois ans après ''Truth Killer'', les voici de retour avec ''One'', quinzième effort collectif qui, aux dires du six-cordiste John Conolly, a renforcé l’unité au sein du groupe.
Le morceau-titre, qui ouvre l’opus, condense en 3’48 minutes la teneur de ce qui va suivre : un riff ultra heavy soutenu par une ligne de guitare aérienne, une section rythmique en béton armé, un solo accrocheur et un chant gavé de feeling. Court mais efficace.
'Unbreakable' se pare d’une touche de piano éthéré qui contraste idéalement avec la lourdeur de la section metal. Les effets synthétiques, moins présents que sur la galette précédente, rendent l’ensemble plus organique sans pour autant faire l’impasse sur une production claire et soignée.
'Is This The Real You' se distingue des pistes précédentes par son côté RnB, presque dansant. Un titre qui devrait faire son effet en live, sans aucun doute.
La performance vocale de Lajon Witherspoon est encore une fois à souligner. Sa voix chaleureuse colle parfaitement aux compositions. Le bonhomme a du coffre et ne se prive pas d’en faire profiter l’auditeur. A la limite du growl sur 'Blood Price', il module façon Chris Cornell sur l’accrocheur 'We Won'. Il est aidé en cela par de superbes parties de guitare mélodiques, parfois harmonisées ('Construct'), qui apportent un contrepoint pertinent aux rythmiques plombées des structures ('The Drop', 'Bright Side'). Loin de se reposer sur ses acquis, le quintette a fourni un véritable effort dans la conception de ses nouvelles pièces tout en gardant sa marque de fabrique.
L’opus se referme sur le très immersif 'Misdirection' où la gravité des riffs le dispute à la légèreté presque pop du chant et des arrangements en une harmonieuse célébration. Belle manière de clôturer ces quarante minutes qu’on n’aura aucun mal à relancer une seconde fois.
Tout juste reprochera-t-on au combo une certaine linéarité dans la dynamique des morceaux, susceptible d’amoindrir l’attention portée à l’écoute de cette néanmoins très bonne cuvée 2026.