Avec ''Omniverse Consciousness'', le génialement barré Vicotnik pousse le côté expérimental de Dodheimsgard encore plus loin pour un résultat des plus innovants.
Doedsmaghird est le projet solo de Yusaf ‘’Vicotnik’’Parvez, tête pensante de Dodheimsgard, combo de black metal avant-gardiste. Le gaillard, qui semble avoir contracté une Mikepattonite aigue, s’est improvisé chimiste musical en mélangeant des genres aussi divers que raw black, électro, ambiant et progressif. Pour mener à bien cette expérience, il s’est adjoint les services de Camille Giraudeau, musicien live au sein du Royaume des morts.
Laissant libre cours à sa créativité débordante, le Norvégien s’est permis toutes les audaces en s’affranchissant des barrières musicales, guidé exclusivement par les émotions et l’instinct. 'Heart of Hell', qui ouvre l’album, donne ainsi le ton de l’album avec ce riffing black posé sur un beat techno, pour un rendu presque dansant, les chœurs et claquements de doigts en arrière-plan corroborant cette sensation.
Les titres suivants, d’une durée assez conséquente, suivent un schéma assez similaire, avec une base black blastée, un chant tantôt écorché, tantôt grandiloquent et nombre d’effets synthétiques, qui viennent habiller l’ensemble de manière originale. 'Adrift Into Collapse', plat de résistance qui dépasse les huit minutes, combine ainsi habilement tremolos, beats électro, claviers à la Emperor et se fend d’un final qui rappelle l’œuvre d’un David Julian (The Descent).
Quelques pièces sortent de ce schéma, à l’instar du brutal 'Then, To darkness Return', pur concentré de haine qui renvoie aux racines du metal noir. A l’inverse, les courts 'Endeavour' et 'Requiem Transiens' apportent une touche aérienne et lumineuse via une association piano/claviers éthérés sur laquelle se posent quelques voix claires.
Rappelant par moments le classique ''666 International'', ''Omniverse Consciousness'' est un disque qui sent l’urgence mais pas la précipitation, Vicotnik maitrisant son sujet à la perfection. Certes, une certaine ouverture d’esprit sera nécessaire pour apprécier l’œuvre à son juste niveau, mais nul doute que ce premier long trouvera son public.