Ofidians Manifest
Antares Bauglir
Journaliste

KAMPFAR

«''Ophidian Manifest'' prouve que Kampfar n'est pas mort et est loin d'avoir dit son dernier mot ! »

7 titres
Pagan Black Metal
Durée: 39 mn
Sortie le 03/05/2019
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Vingt cinq ans de carrière… Et oui, vingt cinq années de carrière pour les vétérans norvégiens de Kampfar qui nous reviennent en cette année 2019, juste après la nuit de Walpurgis, nous présenter ''Ofidians Manifest'', huitième album studio (sans compter les EP et autres démos) qui sort chez Indie Recordings. Et seuls les anciens dieux savent ô combien ce nouvel opus était attendu dans les chaumières. Il faut dire que leur pause de 2017 flirtait clairement avec la fin du groupe… Après avoir passé un an sans se voir, le naturel est revenu au galop et Kampfar est finalement de retour.

Revenons un peu sur le groupe. Kampfar se forme en 1994, la même année ou sort ''De Mysteriis Dom Sathanas'' de leur concitoyens de Mayhem. De cette époque, seul reste Dolk qui officie au chant (tout en ayant séjourné quelques temps derrière les fûts). Nous retrouvons ensuite Ask à la batterie, Ole Hartvigsen à la guitare et enfin Jon Bakker à la basse.

Le groupe continue de marteler nos oreilles avec son savant mélange de Black Metal et de Pagan, sans pour autant flirter avec le supra mélodique et le trop épique. Il ne s'agit pas non plus de crier sa joie de vivre, on reste sur du Black norvégien… Ce ''Ofidians Manifest'' reste dans la même lignée des albums sortis depuis l'excellent ''Mare'' de 2011. Les amateurs aimeront. Les détracteurs s'en lasserons.

''Ofidians Manifest'' est composé de sept titres pour un total de 39 minutes qui ma foi, passent très vite, bien que les morceaux durent en moyenne cinq bonnes minutes. Il succède donc à ''Profan'', sorti en 2015 également chez Indie Recordings, en gardant la même énergie et en redoublant de violence, comme en témoigne cette ouverture d'album pleine de cris stridents paniqués sur 'Sundefall'. Les riffs sont froids, la batterie rythmée et la voix est un pur scream black qui voyage de temps à autre vers le hurlement. Le côté Pagan se manifeste essentiellement par des rythmes répétitifs à la batterie et des cris scandés de Dolk, suggérant les grandes étendues désolées du Grand Nord.

'Dominans', troisième titre est ma petite pépite personnelle. Pas tant à cause du guest vocal de renom qui y figure en la personne d'Agnete Kjolsrud, connue pour avoir également travaillé sur ''Abrahadabra'' de Dimmu Borgir (2010, Nuclear Blast), mais à cause de la qualité globale du morceau et surtout de son refrain. Dolk se saigne littéralement au chant donnant cette impression de sensibilité à filer la chaire de poule. Inutile de parler de la prestation incroyable d'Agnete, qui par son seul timbre instaure une atmosphère glauque et impie au morceau. La mélodie est plutôt groovy mais reste tout de même malsaine et désespérée, ce qui donne au morceau une majesté puissante et qui, en gros, déglingue tout sur son passage. Ce que l'on peut appeler un ''tube'', pour parler vulgairement.

Le reste de la galette est dans cette même veine, du plus traditionnel 'Ophidian' (dont le clip est à voir en dessous de cette chronique), en passant par de belles nuances calmes qui rythment certains morceaux, comme sur 'Natt' et sur 'Eremitt' et son piano. L'opus se clos sur 'Det Sorte', titre le plus long qui s'étend sur près de huit minutes, qui est un bon résumé de l'album. Les paroles scandées au début par Dolk à la manière d'Addi de Solstafir donnent ce côté Pagan kampfarien et la mélodie alterne entre moments très black et passages plus calmes, pour se terminer tout en douceur et en mélancolie.

''Ophidian Manifest'' prouve que Kampfar n'est pas mort et est loin d'avoir dit son dernier mot ! Un album fort, puissant et méchant à souhait, magnifiquement mené et impeccable de bout en bout. Le groupe a réussi à conserver son propos sans faire du sous-Kampfar. Un vrai plaisir à l'écoute !
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