Formation black metal parisienne culte, Merrimack revient en ce début de mois de Mars avec son sixième album “Of Grace and Gravity” pour célébrer sa trentième année de carrière. Formation relativement discrète mais toujours aussi dévouée et impliquée, Merrimack n’a de cesse de continuer sa traversée sur le mystérieux et dangereux chemin des arts noirs et occultes. Il y a sept ans, le groupe nous délivrait un “Omegaphilia” furieux et viscéral et c’est en ce début de mois de Mars que l’attente prend fin.
Étant un des pionniers du style, Merrimack joue un black dans la pure tradition norvégienne bien qu'au fil des années, diverses influences viennent agrémenter la musique des parisiens. Mais une chose est restée intacte toutse ces années, c’est bien l’attitude. Merrimack ne rigole pas avec son sujet et est extrêmement investi dans sa dévotion aux arts obscurs.
Telle une déflagration, “Sulphurean Synods” entame ce nouvel opus. Véritable maelström sonore qui vient se tempérer pour venir privilégier un travail d’ambiance permettant à Merrimack de peindre une fresque cosmique et noire véritablement prenante. La fin du morceau avec ce cri venant des profondeurs est vraiment prenante et intense. Avec ce premier morceau, Merrimack vient nous attraper pour ne plus nous lâcher. Plus nous nous enfonçons dans ces abysses, plus l’atmosphère devient étouffante et dense. Toujours plus rampant et hypnotisant, Merrimack est très généreux en passages marquants et riffs époustouflants. Déjà les trois premiers morceaux sont absolument bluffants et l’enchaînement fonctionne à merveille. Merrimack nous hypnotise tout du long de l’album avec ses mid-tempo lancinants et fascinants. Bien que majoritairement mid-tempo, le sens de composition aiguisé de Merrimack sait précisément quand accélérer la cadence et nous faire sombrer de plus belle. Le tremolo sur “Wounds that Heal” est d’une efficacité rare ou bien “Under the Aimless Sphere” à la cadence soutenue nous absorbe dans un maelström de noirceur. Et enfin petit mot pour “Embalmer’s Wine”, morceau instrumental de fin grandiose faisant la somme des quasi cinquante minutes que nous venons de passer dans ces abyssales profondeurs.
Avec une telle carrière, Merrimack n’a plus rien à prouver et pourtant le groupe s’évertue toujours de repousser les limites de son style. Merrimack est un groupe qui sait se faire désirer car chacune de ses propositions vaut le détour tant c’est d’une sincérité et dévotion totale.