Menu principal
Accueil(current) News Live Reports Interviews The Wall Chroniques Groupes Concerts

Oblation

United Rock Nations

Floor

14 titres
Hard Rock
Durée : 44
Sorti le 18/07/2014
4793 vues
Bienvenue chez Floor, au pays de ceux qui manifestement n'envisageront jamais le champignon comme ingrédient d'une omelette et qui s'accordent tellement bas qu'ils n'ont pas besoin de bandoulières pour transporter les grattes ! Stoner jusqu'au bout des tiag's donc ! Mais encore plus qu'un style, on sent chez Floor un vrai parti-pris et une philosophie stoner. Les paroles sont évidemment laconiques et brumeuses (poétiques diront les plus indulgents).

L'histoire du trio ensuite : un album éponyme remarqué en 2002 (10 ans après leur formation), puis un chaos de splits, suppression de la basse au profit d'une seconde guitare (??), réunions, sorties de nombreux EP (compilés en 2010), carrière parallèle dans Torche pour le guitariste / chanteur Steeve Brooks....jusqu'à la présente galette ! Bref tout cela est bien décousu et brumeux, furieusement desert rock !

Idem au niveau du son : c'est accordé très bas, et il y a tout au long des 12 titres (plus 2 interludes instrumentaux) ce buzz typique stoner, un son tellement saturé qu'il crachotte : délectable pour les amateurs de stoner, insupportable pour les autres. Toutefois, rattrapons ces derniers avant qu'ils ne fuient les étendues ensablées : Floor est beaucoup plus accessible que nombre de groupes de stoner. La majorité des titres ne font que 3 minutes environ, et tout le talent du trio est de parvenir à y déployer de vraies lignes mélodiques efficaces. On lorgne ainsi parfois du côté des Melvins.

Portées par le mur de guitares stoner s'élèvent les harmonies d'un chant pop-grunge (« Dieu, quel poète ce chroniqueur ! » s'esbaudit le lectorat), quoique parfois dissonant (« Flûte, au temps pour la poésie ! »). C'est d'ailleurs la magie de cet album : alors que l'impression générale est celle d'une oeuvre monolithique (pas de basse et deux guitares qui souvent doublent la même partition n'aident pas à la nuance), on navigue presque sans s'en apercevoir du riff coup de poing stoner (« Trick Scene », « Oblation », sans parler des interludes instrumentaux « The Key » et « The Quill ») aux refrains catchy (« Rocinante » ou « New Man » par exemple), les tempos passant eux, sans rupture apparente du quasi doom (« Oblation » ou « Love Comes Crushing » hormis son accélération finale) à des rythmes beaucoup plus rapides, parfois au sein d'un même morceau, le tout rappelons-le sur des formats très courts.

Floor a donc le remarquable talent qui manque à nombre de groupes de desert rock, à savoir le don d'instiller rapidement des ambiances prenantes dans ses morceaux. Bref, si la majorité des auditeurs émergeront de cet Oblation avec l'étrange sensation de ne pas l'avoir vraiment appréhendé (faute d'un grand coup de soleil ou d'abuser de substances hallucinogènes), Floor nous emmène sans effort dans son univers, pour un voyage agréable, à défaut d'être mémorable. On est prêts pour le suivant avant 12 ans si possible !