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Nowhere

Shades Of God
Journaliste

Esben and the Witch

Cet album est d'une beauté absolue, Esben and the Witch poursuit son ascension et par la même occasion l'exploration de sentiments qui dans le fond sont communs à beaucoup d'entre nous
6 titres
Post Rock
Durée : 37
Sorti le 16/11/2018
2958 vues

En à peine 10 ans, Esben and the Witch s'est taillé une jolie réputation sur la scène Post Rock. Il faut dire que les Britanniques désormais exilés en Allemagne ont des arguments de poids : des albums sublimes et des prestations scéniques extraordinaires où toutes les émotions y passent. A l'heure de la sortie de « Nowhere », tous les feux semblent au vert pour qu'Esben and the Witch franchisse une nouvelle de sa carrière, et s'installe un peu plus comme une valeur sûre de son mouvement.

La vie est faite de rencontres, certaines sont bonnes, d'autres mauvaises ou stériles et quelques unes (heureusement) donnent naissance à une alchimie incroyable. Celle de Thomas Fisher, Caniel Copeman et Rachel Davies est de la dernière catégorie, une rencontre qui a permis la création d'une entité forte qui s'exprime au travers d'un Post Rock à l'aspect Gothique, aussi salvateur que destructeur. Parce que oui, on ne va pas se mentir, la musique d'Esben and the Witch n'est pas franchement joyeuse, loin de là même, mais en y regardant de plus près, la tristesse et la mélancolie qu'elle dégage apportent des sentiments et émotions rares que certaines personnes trouvent belles.

« Nowhere » s'inscrit dans la continuité du travail entamé depuis quelques années par Esben and the Witch, on y retrouve dans ce nouvel opus la puissance du Rock ('Dull Gret'), l'audace du Post Rock ('A Desire For Light') et des ambiances proches du Gothique, mais avec une assurance et un savoir-faire encore plus affirmés. Il ne faut que 6 titres pour un peu moins de 40 minutes à Esben and the Witch pour faire voyager l'auditeur, le transporter loin mais également lui offrir un moment intense d'introspection durant lequel il est amené à visiter des parties de son esprit qu'il n'avait pas forcément envie de (re)découvrir. « Nowhere » a cette faculté d'arrêter le temps et de vous immerger au plus profond de vous. Est-ce la magnifique voix de Rachel Davies ? Les salves de guitares tantôt lourdes tantôt aérienne ? Ou encore l'intensité générale qui règne ? Probablement les 3. 'The Unspoiled' résume bien ce qu'est « Nowhere » en mettant en avant les codes utilisés par Esben and the Witch : un Rock a double-vitesse qui oscille entre le brut et le doux. Mais s'il y a bien un titre à ne surtout pas manquer, c'est le merveilleux 'Darkness (I Too Am Here)' en clôture de l'album, près de 8 minutes incroyables durant lesquelles le temps n'a plus d'importance, la vie non plus. Si Rachel Davies fait apprécier sa capacité à envouter grâce à son chant, le reste est tout autant magnifique, un titre qui joue sur plusieurs registres en dégageant une lourdeur terriblement angoissante qui est pourtant d'une beauté indéniable. C'est quand on écoute ce genre de titre qu'on peut se dire \'\'putain mais quel groupe, c'est énorme\'\'.

Le plus difficile dans « Nowhere » c'est quand il s'arrête et que l'on doit reprendre sa vie là où on l'a laissée 37 minutes plus tôt. Cet album est d'une beauté absolue, Esben and the Witch poursuit son ascension et par la même occasion l'exploration de sentiments qui dans le fond sont communs à beaucoup d'entre nous. L'année se termine, il serait dommage de passer à coté de « Nowhere », voici le seul conseil qu'on se permettra de vous donner.