Je vais être honnête avec vous ! Ecouter "Nous" de Culted en pleine pandémie n'est pas la meilleure des solutions si vous broyez du noir ! Le groupe au line-up partageant ses origines entre le Canada (musique) et la Suède (chant) amène l'auditeur dans une lente agonie sonore de plus d'une heure ! Oui, je vous garantis qu'il faut s'accrocher car ce disque n'est pas à mettre entre toutes les oreilles. Attiré par l'artwork très intrigant et superbement réalisé par l'artiste Ettore Aldo Del Vigo, où l'on distingue le Christ tombé de sa croix, cerné de skulls, en train de redevenir poussière, j'ai voulu en savoir plus sur ce disque.
Malgré de nombreuses écoutes, je reste dubitatif quant à ma façon de l'interpréter et je comprends que vous puissiez vous en moquer. Toutefois, quoi penser de ce troisième matériel de Culted et de ses 10 titres (dont la cover de la chanson 'Crush My Soul' de Godflesh). Désolé pour les aficionados de la formation mais je pense que c'est la plus grosse purge qu'il m'ait été donné d'écouter depuis le début de l'année.
Le disque se scinde en deux parties clairement distinctes : les trois premiers morceaux et le reste du matériel pour lequel je suis resté totalement imperméable. Démarrant avec les prometteurs "Lowest Class", "Lifers" et "One Last Smoke", ces trois titres offrent clairement un très bon blackened doom flirtant avec le sludge voire le drone. Le son est gras, les riffs très épais, le tempo massif. C'est lancinant, dérangeant, étouffant ! Le chant du frontman est saisissant par sa tonalité chaotique accentuant la noirceur du relief dans lequel l'album nous plonge dès les premières notes. Les parties dissonantes très black metal apportent une connotation malsaine aux compositions; des compositions qui ont cette particularité de ne jamais vraiment partir, ni s'arrêter. Une sorte de tranche de vie ou plutôt de mort, ici, n'ayant pas vraiment de début ni de fin.
C'est justement sur ce postulat fort présent sur "One Last Smoke" que ça se gâte et que l'on tombe dans une lente agonie sonore n'apportant rien de transcendant à l'oeuvre, la desservant même. C'est donc une véritable purge que de tâcher de comprendre ce qui se passe de "Ankle Deep" à "Crown of Lies". Une succession de sonorités oppressantes sans la qualité que l'on peut trouver chez Conan ou Sunn O))).
C'est tellement noir et répétitif que cela en devient lassant. Il manque ce petit truc qui laisse entrevoir quelque chose de saisissant, d'excitant (chose qu'a su très bien faire Beherit, avec "Bardo Exist"). C'est donc un passage fastidieux obligé avant de découvrir la lueur musicale de "The Grid", l'avant-dernier titre (à l'écoute à la fin de cette chronique), qui combine parfaitement l'univers excitant de la première partie du disque et sa seconde partie bien moins intéressante. Dommage que le quartette enchaine avec cette cover de Godflesh qui n'enjolive pas la galette amenant l'écoute à 63 minutes alors que 55 fussent déjà bien suffisantes !
Avec ce troisième disque, Culted ne me convainc pas. Je reste clairement sur ma faim surtout après ce premier tiers qui vend du rêve. A vouloir faire une musique abyssalement ténébreuse, l'oeuvre en perd de son intérêt et malgré le rebond de dernière minute, la cover de Godflesh est la goutte d'eau. Cet album m'a fait l'effet d'un pétard mouillé.
Tracklist :
01: Lowest Class [7:47] 02: Lifers [4:59]
03: One Last Smoke [4:45] 04: Ankle Deep [5:29]
05: Black Bird [5:28]
06: Opiate the Hounds [4:14]
07: Maze [8:07]
08: Crown of Lies [6:40]
09: The Grid [7:36]
10: Crush My Soul (Godflesh cover) [8:41]