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Not Without My Ghosts

Enora
Journaliste

The Amity Affliction

"Not Without My Ghosts" n'est pas l'album le plus intéressant de The Amity Affliction d'un point de vue musical mais il faut lui reconnaitre une grande sensibilité, entre pudeur et catharsis.
10 titres
Metalcore / Post Hardcore
Durée : 38
Sorti le 12/05/2023
1550 vues

Formé en 2003 en Australie, The Amity Affliction est un groupe plus qu'établi sur la scène Metalcore/Post Hardcore mondiale. Il compte huit albums à son actif : "Severed Ties" (2008), "Glory Days" (2010), "Youngbloods" (2011), "Chasing Ghosts" (2012), "Let The Ocean Take Me" (2014), "This Could Be Heartbreak" (2016), "Misery" (2018) et "Everyone Loves You... Once You Leave Them" (2020). On ne compte plus les tournées du quatuor qui a partagé la scène avec des groupes comme A Day to Remember, Motionless in White, Sum 41 ou encore PVRIS. Ce printemps, ils nous ont dévoilé leur dernière création : "Not Without My Ghosts" !

The Amity Affliction commence fort avec 'Show Me Your God' qui met d'abord à l'honneur le puissant jeu de batterie de Joe Longobardi qui est impressionnant de vitesse et de précision, le tout avec des propositions inventives et qui font qu'on prête particulièrement l'oreille à la ligne de batterie, plus en tous cas qu'on le ferait pour pas mal d'autres groupes de Metalcore/Post-Hardcore. On continue dans une veine relativement similaire avec 'It's Hell Down Here', un morceau peut être un poil plus mélodique. Arrive alors 'Fade Away', une composition plus complexe que la précédente et surtout à travers laquelle on voit le groupe élaborer une histoire, créer un cadre qui évolue avec des nuances, qui pouvaient manquer jusque là.

Sur 'Death and the Setting Sun', on retrouve la voix reconnaissable d'Andrew Neufeld du groupe Comeback Kid, mais la chanson reste assez classique pour le genre et on ne s'attarde pas particulièrement dessus malgré quelques bonnes idées du côté des voix. The Amity Affliction nous propose ensuite un nouveau featuring, plus intéressant que le précédent, avec Louie Knuxx (tragiquement décédé en 2021), qui prend la forme de 'I See Dead People'. Résolument moderne et avec plusieurs couches sonores qui s'assemblent lentement en un puzzle efficace, ce morceau a aussi un beau potentiel pour le live ! Une association moins heureuse est celle avec Landon Tewers, chanteur de The Plot in You et ancien chanteur de Before Their Eyes, qui n'apporte rien à 'When It Rains It Pours', un titre assez pauvre de manière générale mais qui présente toutefois une ligne de guitare sympathique signée Dan Brown.

Finalement, la simplicité est peut-être ce qui sied le mieux au groupe, en témoigne 'The Big Sleep'. Tout l'album est marqué par un questionnement sur la perte d'êtres chers, en particulier à cause des armes et du suicide en particulier aux Etats-Unis, comme l'explique le screameur Joel Birch : "America has become like a second home. It has the best and worst of everything you can imagine, and their unique gun culture means that guns makeup the lion's share of methods used in suicides; while I don't have the solution, I wanted to reflect on what it would have meant for me personally had I grown up there."

A travers plusieurs chansons, il évoque également le poids de sa bipolarité avec une gravité et une envie de catharsis qui se ressentent, comme sur 'Close to Me" et ses effets de choeur en réponse au scream. 'God Voice' est une création très complète qui s'appuie particulièrement sur l'équilibre de l'association chant clair-scream assuré par Ahren Stringer et Joel Birch, le tout soutenu par la basse, présente grâce à un bon travail de production. Enfin, le morceau éponyme vient clôturer cette découverte musicale avec la collaboration de la chanteuse Phem, adoubée par Avril Lavigne.

"Not Without My Ghosts" n'est pas l'album le plus intéressant de la discographie de The Amity Affliction d'un point de vue musical mais il faut lui reconnaitre une vraie capacité à engager les gens et à rendre palpables les émotions que les musiciens ont voulu partager avec leurs auditeurs. Le sujet choisi est délicat mais nécessaire à aborder et le groupe s'est courageusement attelé à la tâche, entre pudeur et catharsis, mais surtout avec une grande honnêteté.