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Nell'Ora Blu

Blood Potatoe
Journaliste

Uncle Acid and the Deadbeats

Avec ''Nell’Ora Blu'', Uncle Acid And The Deadbeats fait revivre pour quelques instants l’âge d’or du bis rital via une bande-son soignée et gorgée de feeling
19 titres
Psychedelic Rock/Doom Metal
Durée : 66
Sorti le 10/05/2024
1745 vues
Fans de péloches bis transalpines, jetez-vous sur ''Nell’Ora Blu'', sixième opus d’Uncle Acid And The Deadbeats.
Comme l’explique son frontman, cet album est un hommage au cinéma italien des années 70, mettant en vedette giallo (thriller érotico-horrifique) et poliziotteschi (polar noir et violent). Pensée comme la bande-son d’un film imaginaire, cette collection de 19 chansons forme un tout cohérent, qui se doit d’être écoutée dans son ensemble. Uncle Acid, chanteur/guitariste de la formation, s’est adjoint pour l’occasion deux figures emblématiques de cette époque bénie du cinéma de genre, à savoir Edwige Fenech et Franco Nero. Pour l’anecdote, ces derniers n’ont jamais tourné ensemble, et se retrouvent donc pour la première fois dans un même studio d’enregistrement.
Et c’est avec le plus grand sérieux qu’ils se donnent la réplique sur les nombreuses saynètes qui parsèment le disque, faisant avancer une intrigue des plus mystérieuses à base de coups de téléphone anonymes et de tueur insaisissable.
Fermez les yeux et vous voici projetés cinquante ans en arrière, quand les Argento, Martino, Fulci et autre Lenzi trustaient les salles obscures. Visualisez le club enfumé d’un Milan pluvieux sur 'Il Tesoro Di Sardegna' ; les menaces proférées par le combiné usé d’une vieille cabine téléphonique sur 'La Bara Restera Chiusa' ; une Fiat hors d’âge sillonner la campagne romaine sur 'Guidando Veloce Verso La Campagna' ; la lame froide d’un couteau pénétrer les chairs sur 'L’Omocidio'. L’immersion est totale et nous viennent alors en tête les fleurons du genre tels Le Venin de la Peur, Torso, Le Tueur à l’Orchidée et l’incontournable Les Frissons de l’Angoisse.
Les références musicales sont également légion, entre titres légers à la Riz Ortolani ('Pomeriggio di Novembre Nel Parco – Occhi che Osservano'), guitares typés western spaghetti ('La Vipera', que n’aurait pas renié Ennio Morricone) ou ambiances plus pesantes à la Goblin ('Il Retorno del Chiamante Silenzioso', 'Il Sole Sorge Sempre' au doux fumet de Zombie). Fabio Frizzi est quant à lui mis à l’honneur sur 'Resti Umani', dont l’ambiance funèbre ramène au poisseux Frayeurs.
Seul morceau typique du quatuor, 'Solo la Morte to Ammanetta' s’avère un low-tempo de heavy doom aux sonorités seventies, rehaussé de chœurs féminins qui en accentuent le côté hypnotique.
Œuvre atypique dans la discographie des Anglais, ce ''Nell’Ora Blu'' vaut par la qualité de ses compositions et la richesse de ses arrangements, qui donnent corps à un véritable film audio, qu’on souhaiterait voir prendre vie sur grand écran.