Fondé en 2002 à Whittier, dans les faubourgs de Los Angeles, Exmortus pourrait être le fils caché d’Amon Amarth et Rhapsody. Aux carrefours de plusieurs styles, le quatuor pratique un metal relativement extrême aux influences néo classiques, qui n’est pas sans rappeler un certain Yngwie Malmsteen. Le chant typé death apporte une certaine noirceur à des compositions souvent véloces mais ultra mélodiques.
Introduit par l’instrumental 'Masquerade', 'Mask Of Red Death' attaque fort avec sa double grosse caisse, son riffing nerveux et ses avalanches de notes sur des soli blastés. Probablement l’un des titres les plus agressifs de l’album aux côtés de 'Beyond The Grave' et 'Darkest Of Knights'. L’influence thrash sur ce dernier est prégnante, à l’instar de 'Mind Of Metal' et sa basse ronflante.
'Oathbreaker' se veut un peu plus heavy et n’aurait pas dépareillé sur le ''Painkiller'' de Judas Priest.
Pour le reste, on navigue entre power metal énergique et morceaux influencés par les ténors des années 80. 'Children Of The Night' semble fortement inspiré par Helloween et 'Prophecy' se pare de guitares à la tierce façon Maiden.
Le groupe revisite également une des saisons de Vivaldi via l’instrumental 'Storm Of Strings', qui porte bien son nom vu le déluge de notes à la seconde. Nul doute que si les guitaristes étaient payés à la descente de manche, le combo serait millionnaire.
Paradoxalement, cette abondance de riffs alambiqués dessert parfois les titres, certains d’entre eux gagnant en efficacité s’ils avaient été plus concis. De même, les nombreux soli doublés ne permettent pas toujours d’en apprécier la teneur, et risquent de lasser les plus réfractaires au genre.
De plus, la durée de l’album (54 minutes au compteur) ne facilite pas une écoute intégrale de ce pavé intense et très (trop) riche.
''Necrophony'' n’en reste pas moins une œuvre fort appréciable, ciselée par des musiciens de haut niveau et méritants.