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Motionblur

CARMZIOFA
Rédacteur en Chef

Split Chain

Avec "Motionblur", Split Chain signe un premier album d'une sincérité brute toujours percutante
11 titres
Metal Alternatif
Durée : 35
Sorti le 11/07/2025
812 vues
Né dans les profondeurs émotionnelles de la génération post‑pandémie, Split Chain est l’un de ces groupes dont l’ADN semble avoir été tissé avec des souvenirs fragmentés, des cicatrices adolescentes et une volonté farouche de transformer la douleur en art. Originaire de Californie, le quintette s’est fait remarquer en 2024 avec quelques titres autoproduits avant de signer chez Epitaph Records.

Le 11 juillet 2025, le groupe dévoile enfin son tout premier album, "Motionblur", un disque annoncé comme un "film intérieur", une sorte de coming-of-age musical, quelque part entre les ombres du passé et les néons d’un futur encore flou. En l’espace de 11 titres, Split Chain invite l’auditeur à un voyage personnel intense, cathartique et sans fard — où chaque mot suinte l’authenticité et chaque riff vient bousculer les murs d’un univers en recomposition.

Musicalement, "Motionblur" est un kaléidoscope vibrant. On y retrouve des échos du shoegaze, du grunge émotionnel voire du post-hardcore qui aurait croisé la route d’un Deftones en clair-obscur. Mais ce n’est pas tant un album de références qu’un manifeste de sensations. Split Chain appelle ça du "nu-gaze" : un hybride où la densité sonore sert de filtre à une émotion brute, trouble, jamais aseptisée.

Le morceau "bored.tired.torn", dévoilé dès le mois de mars, donne le ton : un titre lourd, mélodique, presque étouffant, qui évoque les conflits familiaux et le désenchantement domestique. L’authenticité des paroles y est frappante, portée par une voix à la fois lasse et bouleversante, comme si chaque mot coûtait quelque chose à exprimer.

Plus loin, "Subside" joue sur un autre terrain : celui de l’émancipation. Ici, les guitares claquent plus franchement, les lignes de chant tracent une trajectoire ascendante, comme une libération à peine maîtrisée. Le morceau agit comme une révolte contenue, un adieu aux influences toxiques, un cri intérieur qui ose enfin sortir.

Autre moment fort, "who am i?" déroule l’angoisse existentielle de celui qui doute de sa propre légitimité. La production, à la fois dense et éthérée, accentue cette sensation de vertige. On pense à un dialogue intérieur, à une bataille contre ce que le groupe décrit comme "le sentiment d’imposture", cette voix insidieuse qui murmure qu’on n’est jamais assez. Mais Split Chain la défie, la confronte, et finit par l’engloutir sous une nappe de guitares saturées.

Tout au long de l’album, le traitement du son reste cohérent : guitares nappées comme des nuages d’orage, voix à vif, batterie au service du récit, le tout enrobé d’une production presque cinématographique qui évoque la nostalgie d’un souvenir flou — d’où le titre, "Motionblur". L’album n’est pas seulement un empilement de morceaux, c’est une expérience sensorielle qui s’écoute comme on feuillette un journal intime en accéléré.

Avec "Motionblur", Split Chain signe un premier album aussi personnel qu’universel, où les tempêtes adolescentes rencontrent la maturité artistique. Rarement un groupe aussi jeune aura proposé un équilibre aussi juste entre l’introspection émotionnelle et la puissance sonore. Pas de gimmicks, pas de postures : juste une sincérité brute, toujours percutante.