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Mokita

Laurent Sage
Journaliste

Holly West

Vous reprendrez bien une dose de seventies ?
5 titres
Rock
Durée : 20
Sorti le 20/10/2017
5103 vues
AUTOPRODUCTION

Le trio jouant sous le patronyme de sa bassiste fondatrice sort son premier opus autoproduit cinq titres.

Holly, originaire de Dallas, a donné de nombreux shows dans des cover bands puis a tourné avec le groupe LOVE STRICKEN DEMISE ( qui a ouvert entre autres pour WARRANT et L.A GUNS). Elle a grandi dès son plus jeune ^ge dans une ambiance musicale rock, ses parents étant de fervents amateurs du style. Ses premières cassettes (oui vous avez bien lu : cassettes) furent CHEAP TRICK et WHITNEY HOUSTON. Elle a commencé à écrire des chansons dès l'âge de neuf ans. Elle écoutait de la musique avant d'aller à l'école, a commencé à jouer des claviers et la guitare très jeune mais c'est en intégrant LOVE STRICKEN DEMISE qu'elle s'est mise à travailler la basse sérieusement.

Pour son mini album, Holly s'est entouré du guitariste Gary HOEY, rencontré au Dallas International Guitar Show et devenu son ami depuis. Au départ il devait seulement jouer quelques solos mais a finalement accepté l'invitation à devenir le guitariste du groupe.

Quant au batteur Brady BLADE ( Emmylou HARRIS, Steve EARLE), Holly l'a rencontré dans les studios où elle enregistrait un album avec un ancien groupe ( HONEY) : il était le meilleur ami de l'ingénieur du son. Elle lui a payé l'avion jusqu'à Austin et a enregistré les chansons en cinq heures.

Voilà le groupe au complet. Musicalement, d'après leur biographie, ils ont voulu combiner la punk attitude avec une sensibilité pop accessible au plus grand nombre. Pas évident à l'écoute que le style plaise à une majorité de gens. Les chansons sont plus ancrées dans un style très seventies, avec une utilisation de la pédale wah-wah assez fréquente, une production plutôt brute (peu d'effets sur la voix ou la batterie), des morceaux courts et la voix d'Holly plutôt « spéciale ».Malgré le fait qu'elle ait « de la bouteille », je dois avouer que l'on dirait plutôt une débutante au chant. Alors vous me direz, beaucoup de chanteurs/ chanteuses ont une voix très particulière mais cela n'empêche pas le groupe d'avoir du succès.
Mais voilà, sur les cinq chansons, dont une reprise de LED ZEPPELIN jouée à la slide guitar, qui clôt l'album, je n'ai pas pu retenir de morceau qui, une fois entré dans le cerveau vous donne envie de l'imprimer «  à vie ». Sûrement dû à la structure des chansons qui tire plutôt sur l'expérimental que sur le riff style « Higway to hell ». Les morceaux sont joués sur un tempo medium ; sur « Mokita » par exemple, ( qui donne son titre à l'album et qui est un mot issu d'un langage appelé Kivilla, parlé en Nouvelle-Guinée et dont la traduction pourrait être : La vérité que nous connaissons mais dont nous ne voulons pas parler), la basse d'Holly est omniprésente sur le morceau, la guitare venant par touches apporter une touche d'agressivité.
Le chant d'Holly est « spécial » ; je veux dire par là que sa voix peut plaire ou agacer car son timbre est peu commun et c'est à mon avis un des points faibles de l'album (ou un avantage si vous êtes un adepte de sa tessiture). Beaucoup de pédale wah-wah, qui amplifie vraiment le style seventies des compositions. Et le fait de jouer en trio renforce encore plus le rapprochement.
Alors, je ne sais si le but recherché par Holly est atteint mais il faudra que vous soyez un adepte du style pour pouvoir apprécier pleinement ce premier jet.