Toujours emmené par le chanteur à la belle bacchante Dave Wyndorf, Monster Magnet est de retour avec sa onzième galette. Quasi cinq ans qu'on attendait le successeur du psychédélique Last Patrol. Comme l'annonce nos vétérans du New Jersey, l'idée avec ce Mindfucker est de « surprendre, tout en donnant aux sludgies et aux stoner freaks exactement ce qu'ils souhaitent dans un nouvel album de MM. Une célébration du rock/hard rock et de la paranoïa du 21ème siècle. Un disque qui va droit au but, très agressif, très direct, très ‘Detroit'. Un truc qui vous donne l'envie de tailler la route à 100 miles à l'heure et de hurler dans un monde qui part complètement en vrille. Le rock'n'roll est bien vivant, baby ! ».
Tout un programme donc. A l'écoute du dit skeud, on retrouve les influences de Dave & cie. Leurs héros rock US de la fin des sixties/début seventies ne sont pas loin. Ici un riff des MC5, là un autre du Grand Funk Railroad, des Ramones ou bien des Stooges. Ainsi vont \'\'Rocket Freak\'\', \'\'Soul\'\', le titre éponyme ou encore le morceau de clôture \'\'When The Hammer Comes Down\'\' (6 min). A plusieurs endroits, comme sur la reprise rythmée de \'\'Ejection\'\' (cover de Robert Calvert, ex-chanteur des Hawkwind) par exemple, on croirait presque entendre chanter l'iguane Iggy Pop.
Les cinq garçons n'en délaissent pas pour autant leur space rock avec un mélancolique \'\'All Day Midnight\'\' (et son sitār). Pourtant, le combo a choisi d'élargir son univers. \'\'Want Some\'\' (6 min) se veut énergique avec ses grattes bien punk rock façon Bad Religion. Alors que \'\'Drowning\'\' (7 min 30 s) fait lui plutôt dans le blues cosmique aux inspirations du dirigeable Led Zep', \'\'Brainwashed\'\' propose un surprenant folk rockabilly endiablé et inspiré. Que dire également de l'excellent et tout en modestie \'\'I'm God\'\' (6 min 30 s) et son refrain énervé ?
Coté textes, notre moustachu a pondu ses lyrics durant la période des élections américaines opposant 'Crooked Hillary' (Hillary corrompue) Clinton versus 'Dangerous Donald' Trump. Gavé de fake news, d'histoires sordides, de casseroles en tous genres, de comportements et de propos les plus scandaleux les uns que les autres, le vocaliste/guitariste avait des choses à (nous) dire. Ce n'est pourtant pas un disque politique. Le bonhomme se montre tour à tour introspectif, ironique, désenchanté ou bien subversif.
Malgré quasi trois décades d'existence, Monster Magnet délivre un Mindfucker rentre-dedans, frais et bien dans son époque. Une super nova à l'énergie brute. Comme on dit, « C'est dans les vieux pots… ».