7ans ! 7 années d’attente pour les fans d’E-Force avant de découvrir le nouveau méfait du groupe de thrash : « Mindbender ». Pourtant, avec les deux albums précédents sortis à une année d’intervalle (2014 et 2015), on pouvait espérer une livraison rapide de nouveau matériel de la part d’Eric Forrest. Quelques pistes d’explications ? Le recrutement de nouveaux musiciens (Sébastien Chiffot aux guitares, Patrick Friedrich à la batterie), une certaine pandémie, un changement de label…
Toujours est-il que le nouvel opus de l’ex-Vovoïd et ses sbires est là !
Premier constat : ça sonne beaucoup moins extrême que sur les albums antérieurs du combo malgré, ça-et-là, des relents de black/death au niveau du chant du Canadien. De Thrash il est toujours question bien-sûr (l’entrée en matière qu’est ‘Provocation’ : un direct dans la face !), mais les instrumentistes alternent dans leurs compositions avec des passages plus typés Heavy. Et ce sur une borne majorité des titres. Autre point commun à plusieurs morceaux, des intros bruitistes/électroniques évoquant des sons d’extraits de films d’horreur spatiaux (le film Alien). Mais en intro seulement. Dommage, car des synthés flippant (type générique de la série X-Files) derrière le mur de guitares sur ‘Hypnotic’ aurait pu apporter un plus, une diversité.
A mi-parcours, une respiration atmosphérique glaçante et synthétique (‘Futures Past’) calme les velléités des thrashers avec sa guitare lente et claire (Schaffer d’Iced Earth aurait pu pondre la même ligne) qui finit le morceau de manière lancinante. On retrouve même un petit côté motörheadien (période « Orgasmatron ») avec un son lourd mais rock’n’roll sur ‘Deranged’.
Fan de solo et shredders en tout genre… passez votre chemin. Des solos hyper courts et rapides (2 à 3 secondes max !), c’est tout ce que vous trouverez. Plutôt rare dans ce type de Metal… Ca cogne très fort derrière les fûts (‘Insect’) avec un jeu assez varié. Quand à la basse du sieur Forrest, on ne l’entend distinctement que sur les titres plus « calmes », couverte qu’elle est par les grosses rhytmiques de guitare. Quand à la voix du Canadien, chant hurlé obligatoire. Exception faite du planant ‘Futures Past’ (voix caverneuse, presque parlée) et de ‘Insect’ (avec un court passage en chant clair).
Avec ce « Mindbender », E-Force nous offre un son Thrash/Heavy qui lui va plus que bien ; mieux que le côté extreme des débuts. Un peu plus de diversité dans les structures des morceaux (alternance riffs heavy puis thrash et inversement sur presque tous les titres) nous aurait plu encore d’avantage. Mais la froideur spatiale de ce Metal, hérité de Vovoïd est toujours là.