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Maintain

Fabien
Journaliste

Downset

Au fil des pistes, Downset se refait donc une belle santé et se fend de quelques uppercuts bien sentis propres à taquiner quelques nuques ankylosées par une absence un peu longuette.
12 titres
Rap Metal
Durée : 37
Sorti le 10/06/2022
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En 1994, c'est-à-dire la préhistoire pour beaucoup, de jeunes Californiens énervés sortaient ''Anger'', une déflagration spontanée de plus, qui suivait de près celle produite par ceux qui allaient devenir la référence en la matière, les Rage Against The Machine. Plus confidentiel, Downset n'en était pas moins l'expression radicale d'une jeunesse prête à dénoncer l'intolérable. Rap, métal, hardcore... le métissage musical était en marche et rencontrera le succès qu'on lui connaît, succès qui ne s'est jamais démenti depuis ( l'accueil chaleureux réservé à Dog Eat Dog au Hellfest cette année le prouve s'il en était besoin).

Après avoir disparu des radars, les lascars de Downset ont décidé, semble-t-il, de remettre l'ouvrage sur le métier en sortant ce ''Maintain'' au doux parfum d'antan. On les croyait enterrés, erreur grossière, car les angelenos bougent encore et reviennent huit ans après leur dernier méfait nous asséner leur colère primale. Et même si le temps a une fâcheuse tendance à flétrir les chairs, restait à savoir s'il avait aussi réussi, le bougre, à ôter aux indomptables leur envie d'en découdre avec une société qui ne s'est pas vraiment bonifiée avec les ans.

Un premier élément de réponse nous est fourni par le single 'The Place To Be', un riff pesant, une rythmique en acier trempé, on se dit d'emblée qu'on est sur la bonne voie et ce jusqu'à l'intervention de Rey Oropeza. On sent que le vieux routier connaît son affaire mais il peine tout de même à convaincre sur ce morceau, la faute à un flow poussif qui paraît un peu fatigué et qui s'échine en vain à transcender une rage pourtant certainement sincère. La comparaison avec Body Count et son ''Carnivore'' de 2020 fait un peu mal et l'on se retrouve dès lors un peu navré pour un groupe qui fut l'un des pionniers du genre mais dont on attend qu'il refasse, à l'instar des jeunots d'aujourd'hui, ses preuves.

Et puis, doucement, tout doucement la sauce s'épaissit, l'alchimie prend corps et certains plans, de plus en plus nombreux, finissent pas nous rassurer sur la vitalité du quartet qui parvient ici et là à entretenir la flamme. 'Positive Mind' (assez proche de ce que pouvaient nous servir les durs à cuire de Boo-Ya T.R.I.B.E) ou encore un 'Hear Me Now' survitaminé parviennent à nous réconcilier avec l'univers des quatre vétérans. La basse vrombit avec une vraie jubilation et l'on retrouve un Rey Oropeza requinqué et plutôt pertinent. Cet opus méritait à l'évidence autre chose qu'un jugement hâtif , mea maxima culpa. Il était inconcevable du reste qu'ils aient oublié la façon de filer des high kicks tout droit dans un entre-jambe surpris mais jamais tout à fait innocent.

Au fil des pistes, Downset se refait donc une belle santé et se fend de quelques uppercuts bien sentis propres à taquiner quelques nuques ankylosées par une absence un peu longuette. Le morceau final 'Ready For This' court et musculeux résumera à sa façon les termes du débat, étions-nous prêts à ça ?... Pas vraiment mais la surprise est d'autant plus agréable qu'elle était imprévue, reste à confirmer ce regain d'énergie en évitant d'attendre huit années supplémentaires, les motifs d'indignation ne devraient pas manquer car le pire sans être toujours certain n'est jamais décevant.