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Maere

Doc_Metal
Journaliste

Harakiri for the Sky

Maere s’impose comme une référence du post-black, à posséder dans sa discographie pour les amateurs du genre
10 titres
Black Metal/Post-Rock
Durée : 84
Sorti le 29/01/2021
2220 vues
ART OF PROPAGANDA
Maere est le cinquième album du duo autrichien (inchangé depuis 2011), Michael “JJ“ V. Wahntraum (chanteur) et Matthias “MS” Sollak (multi-intrumentiste), chez le label germanique AOP records familier du groupe. Malgré un précédent album moins bon (Arson, 2018), le groupe nous a habitué à du très bon, comme le démontre Trauma en 2016.

Extrêmement régulier dans ses sorties (environ un album tous les deux ans), HFTS a su s’imposer comme un des maîtres de ce genre particulier qu’est le post-black (ou encore blackgaze, black metal à connotation mélancolique), représenté notamment par Alcest ou Myrkur.

A l’image de la Marh (cauchemar du folklore scandinave censé étouffer les dormeurs dans leur sommeil), Maere a des sonorités lourdes, pesantes, étouffantes. L’album marque le ton dès l’ouverture avec I,pallbearer (un des meilleurs morceaux de cet opus sincèrement), par ses riffs lourds et angoissant, où le thème de la mort y est omniprésent. Michael Wahntraum martèle chacun des morceaux par son chant guttural puissant et incisif avec les sujets qui sont chers au groupe, à savoir, la mélancolie, la noirceur de l’esprit et la dépression. HFTS ne fait pas de cadeau. Les riffs violents et agressifs alternent avec des rythmiques soutenues et langoureuses. On notera des introductions au piano qui savent instaurer l’ambiance. On saluera le featuring avec Neige (Alcest, chant) sur le deuxième morceau de l’album "Sing for the damage we’ve done".
Une certaine acmé est atteinte avec "Us against December skies" sans jamais redescendre jusqu’à la fin de l’album. Le chant violent et incisif de JJ s’accorde parfaitement avec le vocaliste (anonyme, Gaerea) sur "Silver Needle-Golden Dawn". L’opus se conclu par une très bonne reprise de Placebo, "Song to say goodbye".
L’ambiance y est certes pesante mais réussie.
En résumé l’album a un effet cathartique.

Certes l’album peut donner l’impression de trainer en longueur, et d’être répétitif mais nous pouvons retrouver dans chaque morceau une histoire différente, avec une mélodie et des riffs qui lui sont propres. La durée de certains morceaux pourra décourager (le plus court étant de 5min24 pour une moyenne de 7 min) ... mais honnêtement 84 minutes ça passe très vite.

J’ai souvent surpris mon esprit divaguer dans l’obscurité hivernale et solitaire des montagnes et forêts autrichiennes au cours de mes différentes sessions d’écoute.

Quant à l’artwork qui, selon-moi est magnifique, participe à créer l’atmosphère de l’album. Il est l’œuvre de Meike Hakkaart, artiste hollandaise spécialisée dans « l’art, l’animal et le funèbre ». Allez jeter un coup d’œil à sa page Instagram cela vaut le coup : @artofmaquenda.


Conclusion :
Maere divise. Il n’en reste pas moins un très bon, voire excellent dernier album de post-black. Il saura ravir autant les fans inconditionnels du genre que les néophytes. L’objectif de ce duo de nous transporter dans les contrées inconnues de la noirceur de l’esprit est largement atteint. À écouter en boucle lorsque le moral n’y est pas.
Chapeau Harakiri for the sky, pour moi c’est un 20/20. À quand le prochain album ?


Tracklist

1. I, Pallbearer (7:02)
2. Sing for the Damage We’ve Done (feat. Neige) (8:05)
3. Us Against December Skies (8:21)
4. I’m All About the Dusk (11:09)
5. Three Empty Words (9:29)
6. Once Upon a Winter (10:27)
7. And Oceans Between Us (8:57)
8. Silver Needle // Golden Dawn (7:09)
9. Time is a Ghost (8:34)
10. Song to Say Goodbye (Placebo Cover) (5:24)