''Sublimant le Doom d'un puissant univers Gothico-Batcave, Bloody Hammers nous montre qu'il a créé le meilleur album de sa carrière tant il comporte des pépites musicales''
Bloody Hammers nous vient de Caroline du Nord où il s'est formé en 2012.
Au coeur de ce projet, nous trouvons un duo diabolique dans les idées qu'ils portent : Anders Manga, chanteur, guitariste et bassiste et la divine succube, Devallia, magicienne des claviers.
Le groupe sévit dans le monde du Doom gothique occulte et a eu l'occasion de nous démontrer une forte propension à la créativité.
En 5 ans, déjà 4 albums à leur actif.
Au niveau technique, sur les 3 albums précédents, nos sombres musiciens ont démontré qu'ils possédaient de bonnes compétences dans la construction musicale, partant d'un solide socle de lourd Doom qu'ils badigeonnent de superbes espaces mélodiques éthérés. Le tout crée une ambiance envoûtante. Petite ombre au tableau, si « Spiritual Relics » avait séduit en 2013, le « Under Satan's Sun » de 2014 avait été plus décevant, en raison d'une plate redondance. L'effet surprise était passé. Une autre clé analytique serait de se dire que nous attendions mieux vu l'engouement observé autour des premiers opus.
Voici venu le dernier né, « Lovely Sort of Death », sensé replacer le navire dans de meilleures eaux.
Nous démarrons sur « Bloodletting On the Kiss », tout en douceur, retrouvons le superbe timbre de voix d'Anders, chant presque feutré et nimbé de velours, noir. Les riffs de guitare sont plus porteurs de Gothic Rock Batcave, les cordes sont caressées subtilement tandis que les notes de basse nous étreignent dans une grande simplicité technique mais d'une puissante efficacité. Les nappes de synthé de Devallia sont splendides, placées légèrement en retrait, ce qui donne un abord méta bien éthéré.
Le second morceau « Lights Come Alive » monte dans le tempo et vous plonge dans l'univers à la New Order, c'est dynamique tout en étant mélodiquement imparable. Ce morceau est tout simplement magnifique. Le clavier joue en finesse. La basse est bien crasseuse en toile de fond.
Le troisième morceau « The Reaper Comes », en slow tempo, plonge dans une grande mélancolie sublimée dans une mélodie à haute quintessence de pure beauté. En avançant dans le morceau, nous montons encore d'un cran dans les espaces ambiants. Dans sa magie, le morceau dépasse le fabuleux « Wathever That Hurts » de Tiamat. Ce « Reaper Comes » est un véritable chef d'oeuvre.
«Messalina », 4ème piste de l'album, nous plonge dans une atmosphère plus engagée, nos musiciens fondent dans l'univers de Sisters of Mercy, l'atomisant en le Doomisant magistralement. Splendide morceau qui vous trouera le coeur du coup d'épée de Messaline.
S'en suit « Infinite Gaze to the Sun » à l'architecture plus épique, plus aux racines de Type O Negative. Le morceau est autant emballant que prenant. Le jeu de batterie bien posé pour vous agiter les cervicales avec plus de célérité (Un euphémisme dans le Doom, c'est dire !!!)
« Stoke the Fire » poursuit dans le pur style Sisters of Mercy tant le timbre de voix titille le génial Andrew Eldritch et eût pu figurer sur « Temple of Love » (1983). Très bon morceau.
Sur « Ether », Anders joue plus dans l'expression torturée, le tout en base plus sludgée, ponctuée d'une batterie plus soutenante dans la rythmique. Les claviers viennent donner du relief pour créer une oeuvre qui s'accélère au gré des minutes. Un bien chouette morceau mais qui sera moins dans la mélodie pure. Il est plus Rock.
Le 8ème morceau « Shadow Out of Time » démarre sur un très beau fond électronique pour gagner cette fois en hauteur. Le chant est plus lumineux, les riffs de guitare restent calmes pour laisser le synthé nous porter dans un flot scintillant. Ce morceau est magnifique. Waw !!!
« Astral Traveler » repart dans un aspect plus métallique et rapide tout en étant dans un registre plus glauque. La particularité de ce morceau est qu'il pourrait figurer aisément dans le répertoire d'un groupe moyen de black symphonique. Cela renforce mon constat d'une super capacité créatrice du chef de notre duo infernal. Très bon moment.
L'album se termine avec « Catastrophe » portant des notes d'un registre plus à la « The Cure ». Nous sommes ici dans une ambiance plus obscure tout en gardant un joli cadre mélodieux. Bon morceau.
Le bilan de cet album m'apparaît extrêmement positif tant l'ensemble procure grand plaisir.
On entre directement dans la musique de Bloddy Hammers, captivante de bout en bout et présentant la capacité à vous téléporter dans l'univers Batcavo-Gothic Rock des années 80.
En conclusion, avec ce « Lovely Sort of Death », sublimant le Doom d'un puissant univers Gothico-Batcave, Bloody Hammers nous montre qu'il a créé le meilleur album de sa carrière tant il comporte des pépites musicales mélodiques sombres, profondes et magistrales. Bloody Hammers se hisse à la force des bras, sur l'estrade où repose le trône laissé vacant par le très regretté Type o Negative.