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Lonely People With Power

ALDO
Journaliste

Deafheaven

J'étais pas prêt...
12 titres
Post-Black Metal
Durée : 62
Sorti le 28/03/2025
603 vues

Il en est de certains albums comme d’évènements marquants dans une existence : ça vous tombe dessus sans l’avoir demandé, et ça vous impacte au point de bouleverser positivement et durablement votre façon de penser et vos certitudes.
A fortiori quand on est plutôt réfractaire à certaines formes extrèmes du Metal, c’est exactement l’effet qu’induit « Lonely People With Power », sixième livraison des californiens DEAFHEAVEN.

Il faut dire que tout est fait pour tromper son monde, au premier contact visuel : photos du combo plutôt propre sur lui – ça passerait limite pour un enième combo pop – et pochette qu’on verrait volontiers sur un album de rock roots/americana, invitant au voyage en muscle car vintage.
Et ça continue sur le plan auditif, avec une intro purement ambient (Incidental I), qui vous laisse croire – lorsqu’on ne connaît pas les travaux précédents du combo – que l’on invite l’auditeur à un doux voyage musical…

Sauf que déboulent Georges Clarke et ses vociférations déchirantes qu’on attendrait plutôt du côté des pandas scandinaves, et un premier titre au formalisme plus franchement Black Metal (Le bien nommé « Doberman » et ses passages en blastbeat)
Bizarrement, au fil de l’album, les arrangements évoluent vers un formalisme de plus en plus éthéré, planant (Heathen, Amethyst), dont l’impact émotionnel est amplifié par le contraste avec un chant frôlant la démence. La musique de DEAFHEAVEN est faite d’opposition, de conflit, et ce balancement entre mélancolie et fureur, sérénité et angoisse (Incidental II), vient délicieusement bousculer l’auditeur. A ce stade de l’album, l’on décèle une proximité avec les français ALCEST (dont les californiens se revendiquent fans de longue date)

Passé la moitié de l’album, c’est un nouveau plongeon vers la violence qui nous est ensuite proposé (Revelator, franchement Black Metal, ou encore Body Behavior, mâtiné de passages curieusement New Wave, avec des paroles au thème franchement dérangeant – l’histoire d’un père qui éduque son enfant au travers de la pornographie…pour le coup, les vocaux à la limite du vomissement tombent fort à propos), avant de conclure en beauté et synthèse formelle (The Marvelous Orange Tree).

On ressort évidemment étourdi de l’écoute de cette sixième offrande. Fait de hauts et de bas, l’album est un véritable Roller Coaster d'émotions et de sensations, qui ne vous lâche qu’en fin de parcours. Les moins habitués aux formes extrêmes du Metal reconnaîtront une beauté certaine dans la proposition de DEAFHEAVEN, et s’accorderont avec leurs confrères adeptes de radicalité pour décerner le titre d’album incontournable de cette année à « Lonely People With Power ». Hautement recommandable !!!