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Live in the High Desert

ALDO
Journaliste

Brant Bjork and the Bros

Heu...non...rien...
11 titres
Desert Rock
Durée : 79 minutes
Sorti le 18/07/2025
367 vues

Lorsque KYUSS débarque en 1991 avec « Wretch », c’est l’infernale touffeur (si, si, cherche bien dans le dico…) du désert californien, dopée à la fuzz et au mezcal, qui révolutionne la scène Rock. De fait, considérés comme les parrains (parce que niveau paternité, ils sont une tartine à revendiquer le bébé) du Desert Rock/ Stoner, les membres du groupe – à commencer par Josh Homme - ont fini, au gré de leurs successives formations, par personnifier une sorte de label qualité sur la scène.

Et dans le genre, Brant Bjork n’est pas des moindres. Autodidacte, batteur à l’origine, le quidam taquine également de la guitare et de la basse, au point de se doter de suffisamment d’autonomie pour composer parmi les morceaux de bravoure du combo de Palm Desert (entre autres « Gardenia », magistrale baffe !), il loue ses talents de songwriter et de producteur aux collègues skaters de Fu Manchu, et entretient une certaine notoriété au gré de diverses formations dont il est le pilier. Apôtre de la scène qu’il a contribué à lancer, il crée un label, Duna Records, qu’il doit mettre en standby quelques temps plus tard.

C’est dans le cadre de la relance de ce label, que Brant Bjork publie aujourd’hui l’une de ses -certainement nombreuses – archives. L’album qui nous intéresse ici est un live datant de 2009, durant lequel il s’est produit avec ses « Bros ». Au vu du CV du bonhomme, et s’agissant d’un disque destiné à remettre le pied à l’étrier d’un label, l’on s’attend à tomber sur une pépite enfumée du genre stoner.

Las, c’est au premier contact une déception. En effet, dès la première écoute, l’on est frappé par le son sourd de l’instrumentation, gommant toute hargne car dépourvu de mid et d’aigus. C’est pâteux, c’est boueux, et ça manque d’impact pour obtenir un effet « baffe dans la gueule ».

Ceci dit, parfois l’étincelle apparaît. Ici, l’on sera happé par le riff répétitif, swinguant et entêtant de « Low Desert Punk », là c’est cet air de funk urbain 70’s au détour de certains morceaux (" ’73", le sautillant "Doctor Special", "This place (just ain’t our place)"…) qui réveille agréablement votre séant.
Autre déception : les rares soli ont du mal à convaincre, donnant l’impression que le musicien ne sait pas quoi faire avec les notes de son manche, qu’il enfile comme des perles sur un collier, sans créer vraiment de dynamique.

Aussi, la seconde partie du concert est constituée de morceaux à rallonge (durée mini : 7’30…durée maxi : presque 13 minutes) où la jam s’étire ad vitam aeternam. L’on guette évidemment les trop courts moments de grâce dans le bazar, et l’on se surprend à bailler parfois. Ici surnage « Freaks of Nature », où Brant Bjork semble retrouver le chemin du bouton de tonalité de sa pédale de fuzz, pour remonter un peu le niveau de médiums. Ca réveille un tantinet l’auditoire.

Bref, vous l’aurez compris : il faudra faire preuve de patience et de persévérance pour apprécier ce live. Celui-ci semble viser avant tout les fans de l’artiste. Les autres devront sans doute se pencher sur d’autres œuvres pour mieux découvrir le bonhomme. Pas honteux, mais pas renversant non plus…