Y’a rien à faire : dans la vie, y’a des gens, tu peux faire ce que tu veux pour les faire dévier, t’y arrive pas ! Ce genre de gazier, les bâtons dans les roues, les aléas de la vie, il s’en cogne ! Il trace, point barre ! Et le fait est que quand, pour couronner le tout, le mec est attachant au possible, on applaudit des deux mains.
Dee SNIDER, qui profite du contexte pandémique pour balancer un nouvel essai solo, rentre pile-poil dans cette catégorie.
Parce que depuis la fermeture de la boutique TWISTED SISTER en 2016, le camarade aurait pu ranger son micro, sortir ses cannes à pêche et profiter de sa retraite largement méritée, même si on aurait regretté ses « I Wanna Rock » et autres « We’re not gonna take it ».
Mais non, lui, la musique, c’est son truc, c’est vital. Tant qu’il est debout, il veut te balancer du riff kitu, du cri primal qui fait secouer la tête comme le chien sur ta plage arrière de bagnole (en plus rock, ceci dit)
Du coup, deux ans après la liquidation de l’entreprise TS, il pond le bien nommé « For the Love of Metal ». Et comme ça plaît, forcément ça l’encourage à remettre le couvert. Et puis tant qu’à s’occuper quand on est confiné, autant se défouler un peu.
Du coup (bis repetitae placent, je sais…), ni une ni deux, Dee relance ses comparses de la précédente galette (Jamey « Hatebreed » JASTA à la prod, le batteur Nick BELLMORE au mixage et mastering, son frère Charlie à la six-cordes…à la technique c’est Lionel, le light-jockey c’est Momo, allez on monte sur les tables, on lève les bras, c’est part…pardon, je m’égare) et on met tout A DONF !!!
Car le constat, dès la première écoute, c’est que CA DECHIRE TOUT !!! Du riff entraînant, en veux-tu en voilà, du qui te fait taper du pied, du qui te renvoie aux fondamentaux du Heavy Metal à l’amerloque…bref, du TRES BON !!! C’est puissant, c’est groovy, ça va à l’essentiel. On reste dans le classique -l’originalité est souvent mise de côté- mais l’essentiel est là : ça touche au but !!!
Ceci dit, loin d’une démarche de puriste, Dee SNIDER sait mâtiner son propos d’influences diverses. Forcément, avec JASTA dans le coup, on trouve des relents plutôt hardcore. Ca se manifeste notamment dans les chœurs de « Down but never Out » aux rythmiques par ailleurs à la limite du Thrash. Plus curieux (dans le bon sens du terme) est ce mélange réalisé pour « All or Nothing More », dans lequel se télescopent joyeusement le Metallica de la grande époque (avec un solo à vous faire monter le taux d’adrénaline comme sur le Grand Huit de la fête foraine du coin), le soutien vocal de coreux déjà mis en œuvre sur « Down but… », et un refrain assez pop (skate punk, voire…).
On s’attardera également sur « Silent Battle », qui évoque par touches la NWOBHM (avec des relents de DEF LEPPARD, notamment…si, si, j’t’assure…) et « Crying for your Life », dont l’intro vaporeuse associée au timbre de Dee finalement assez proche de celui de Klaus Meine, vous fera immédiatement penser à Scorpions, même si le premier vrai couplet du morceau vous fera illico ranger le briquet…
Ha, et puis aussi, tant qu’à essayer des trucs : à ceux qui se demandaient avec qui Georges « Corpsegrinder » FISCHER pourrait s’essayer à autre chose que les « trucs de psychopathe », la réponse est sur cet album. L’homme au cou de taureau (qui lui vaut de faire des piges en testant des coupe-vent chez K-way…les fans de Danyboon comprendront, je peux rien pour les autres, désolé…) vient poser quelques éructations sur le thrashy « Time to chose », et le fait est que ça fonctionne pas mal.
Pensée émue enfin, pour le lourd et en même temps sexy « S.H.E » au refrain hyper-accrocheur.
Mais on discute, on discute…y’a bien un moment où ça débande un peu, non ? Parce que bon, faire une pause, on serait pas contre…
Hé bien non, pour souffler il faudra attendre la fin , avec le touchant « Stand », qui vient dans un contexte un tantinet plus apaisé, sans être mièvre, rappeler avec aplomb – notre chanteur peroxydé en ayant régulièrement donné l’exemple – qu’un des grands moteurs de cette vie qu’on mêne ici-bas, c’est la conviction et la confiance en soi (oui, je sais, ça fait deux moteurs, mais bon...)
Pour couronner le tout, le son de cet opus est à l’avenant des compositions : E-NOR-ME !!! C’est puissant, moderne, équilibré…bref, tout l’opposé d’un « And Justice for All » (parce que là, on l’entend bien, la basse)
Au final, on est devant un album vraiment emballant. Pas ennuyeux, parfois original dans ses associations stylistiques, « LEAVE A SCAR » permet à Dee SNIDER de rappeler qu’il faudra encore compter avec lui sur la scène Metal…et pas que… (Tipper GORE, si tu nous regardes…). Ce disque déchire tout, POINT BARRE !!!